CELUI QUI PARTAIT
De chez lui rien ne l’inspirait
Tout juste un parfum suintait
Il glissait jusqu’au micro-ondes
Vers où la nourriture abonde
Entre le sel de table fin et le beurre
Sous l’œil de son poisson rouge flâneur
De sa fenêtre ouverte venait une odeur de tartine
Qui venait de dessous, lui chatouiller les narines
Il se leva à petit pas, et sa fenêtre ferma
Trois jours sans manger il était proche du coma
Il passa tous ses placards en revue
Mais ne trouva qu’un paquet de café moulu
Il est là, il semble tellement paumé
Pourtant son nez plonge pour respirer le café
Son regard marqué, se tourne vers l’évier
Trouve la petite cuillère recherchée
Où va-t-il ? Revient-il avec de l’eau ?
Oui, il vient de remplir un grand broc
Remplit la cafetière sans délicatesse
Embué par sa nuit d’ivresse
Il a envie de tout jeter, il n’a pas de courage
Il ne pense qu’à boire son breuvage
Rajoute une cuillérée, il a besoin d’un café fort
Voit coulé le flot noir, décide d’ouvrir les stores
Le soleil matinal traverse les persiennes
Sa plage à lui c’est la Seine
Il tend le bras, rêveur, se gratte le c…
Les doigts crispés, tapote son ventre dodu
Puis se dirige vers la cafetière pour prendre son café
Pense à son amour perdu avec qui il a passé des années
Prends un verre, le regard encore un peu flou
Passe la main dans sa barbe naissante, fait la moue
Une seule issue, d’un pas anodin
Se dirige sans entrain vers la salle de bain
Quand l’eau et le savon le réveilleront
Il ira comme les autres jours saluer son patron.
belouga
Commentaires
Par arwen le 12/03/2005 à 16h10
WOUAW, super, sublime,magnifique!
tous les ingrédients sont présents: un mets délicieux.
Comme quoi une simple photo............
Arwen en extase: j'y vois du Prévert, du Queneau.....mais non c'est du Belouga!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Par emmy34 le 12/03/2005 à 14h32
Bravo !
Génial ton lendemain de cuite
Faut être un maitre pour y trouver de la poésie,tu as su le faire, chapeau bas !
Par catoxique le 11/03/2005 à 20h43
J'avoue qu'à la première lecture tu m'as interloqué!... Et puis j'ai relu le poème de Jfred, et là, je dis bravo!
Quel parrallèle original tu as trouvé!
Quant à l'émotion c'est criant de vérité, ça fait presque mal...
Tu m'as surprise et émue!...merci
Ta fervente admiratrice
Catherine
Ajouter un commentaire