Elle se souvint qu’il y avait 20 ans, déjà 20 ans, elle avait fait la comédie à sa mère pour qu’elle la laisse aller jouer chez Alexia sa copine de classe. C’était un mercredi matin, et elle le voulait, elle le voulait si fort. Sa mère lui avait demandé: » mais bon sang pourquoi veux tu y aller à tout prix? » 20 ans que le temps passait comme ça, avec ce souvenir qui au demeurant était d’une gaîté enfantine. Elle sautait dans toute la maison, elle riait, et plus elle riait, plus sa mère s’en exaspérait : » Mais arrête un peu!!, tu me rends folle arrête !! » Elle n’entendait pas, ce qu’elle voulait c’était arriver à 14h, heure, heure à laquelle elle irait chez Alexia..
Alexia, petite fille énigmatique, au regard souvent triste, qui ne trouvait dans sa vie que peu de chose d’attrayant. Déjà si jeune! 7 ans, et du haut de ses 7 ans, elle n’avait que peu de sourire à accrocher à son visage pourtant si joli. Elle arrivait chez Alexia, et Alexia changeait. La venue de sa camarade de classe lui éclairait le visage. Alexia était heureuse de voir qu’Elle seule s’intéressait à ce qui la faisait vivre. Quand Elle arrivait, de suite, c’était dans la chambre qu’on pouvait les trouver.. A plat ventre sur le lit d’Alexia, feuilletant un livre sur cette passion qui la nourrissait, et Elle ne pouvait que suivre tout ce qu’Alexia disait, Elle buvait ses paroles, les yeux écarquillés bien souvent, Elle rêvait en écoutant Alexia parler de cette passion.. Et quand sa mère venait la rechercher, Elle se disait ‘’ vivement demain que je vois Alexia ‘’
Dans la classe, elles n’étaient pas nombreuses à leur parler, oh Elle se souvient de tout ça, même 20 après, comment oublierait elle, les messes basses? Les ricanements? Tout ça parce que Alexia et Elle n’avaient pas les mêmes jeux. Dans la cours de récréation c’est sûr qu’elles ne jouaient pas avec les autres petites filles de leur age, non, elles préféraient s’éloigner un peu et Alexia fière de lui montrer les dernières choses apprises, durant son cours du samedi après midi. Le seul jeu qu’elles s’accordaient et qui soit commun aux autres enfants de leur classe c’était la marelle.. Du ciel à la terre, de l’enfer au paradis, à cloche pied, avec devant ce petit bout de caillou.. 20 ans, 20 ans de souffrance, 20 ans où il a fallu batailler ferme d’abord contre ses parents parce que ils n’étaient pas tout à fait d’accord sur son choix, pourtant Elle était déterminée. 20 ans qui passe comme cela, vite, et sans avoir le temps de se poser et regarder derrière soi.. Sauf aujourd’hui, le 01 avril 2005, quelle farce! Un anniversaire. Alexia où es tu maintenant? Alexia tu es partie un jour, comme ça, tu m’as planté comme ça, avec ma joie de vivre, avec mes yeux pleins d’étincelles quand plus tard, bien plus tard je venais te voir, t’admirer, parce que moi je n’arrivais pas à avoir ta grâce. Elle réfléchissait sur sa vie, sur ce qu’elle était devenue, sur ce qu’elle aurait pu être. Des regrets? Certes oui bien sûr, des peines? Bien évidemment, comment ne pourraient il pas y en avoir, quand Elle refaisait le chemin à l’envers. Alexia jouait si bien la comédie sur cette scene, Alexia ne vivait que pour son art, Alexia lui avait donné sa passion, son rêve, Alexia où es tu? Où es tu maintenant? Alexia tu ne fais que vivre, en moi…. Alexia se 1er avril 1999, il faisait presque beau, une légère brise soufflait.. Elle marchait dans les rues, un peu au hasard, les yeux rivés au sol, il ne faisait pas aussi beau qu’en 1999, son manteau léger la protégeais à peine de ce vent. Les mains dans les poches, des larmes dans les yeux, qui roulaient sur ses joues. Les passants devaient se demander ce qu’Elle pouvait bien avoir, quel est cet idiot qui avait dû la faire souffrir. Rien de tout ça, non juste le souvenir, d’Alexia.. Petite danseuse au pas agiles, petit rat au tutu rose, petite ballerine de papier, qui grandi comme toute petite fille grandit.. Qui devient de plus en plus belle.. Alexia qui rencontre l’amour de sa vie, celui qui la rends heureuse, mais celui qui ne se rends pas compte, au début, que devant lui, il y a un autre amour, celui de la danse. Elle marchait encore et encore le long des rues, Alexia je suis seule maintenant. Non il ne s’était pas rendu compte qu’on n’aime pas une danseuse si on n’apprends pas à aimer son art, si on accepte pas de partager. Il n’avait jamais compris non, jamais, sa jalousie grandissait au fur et à mesure qu’Alexia l’aimait de plus en plus.. Comment était ce possible? Elle ne le savait pas, elle n’avait toujours pas répondu à cette question. Alexia ce 1er avril 1999, quelle farce !
Tu étais sur la scène , Elle se souvenait, Elle la regardait danser le ‘’lac des cygnes ‘’ Alexia était grandiose, belle, racée, gracieuse, c’était Alexia !! Pourquoi a t’il fallu que tu joues la mort du cygne? Pourquoi a t’il fallu qu’il se change en chasseur? Pourquoi a t’il fallu qu’il tire? 1er avril 1999, 6 ans qu’Elle allait, en pleurant doucement rendre visite à son amie. Alexia. Ce petit cimetière de banlieue où repose Alexia à tout jamais. Elle regardait toujours la petite plaque qu’avait mis sa mère sur la tombe ‘’ A ma petite ballerine ‘’ et juste à côté la sienne « Alexia, mon amie » à quoi servait ces fleurs qui fanaient inlassablement depuis des années? A quoi servait il qu’Elle vienne pleurer sur sa tombe? Lorsqu’Elle chaussait ses chaussons pour se mettre à la barre, Elle pensait toujours aux conseils qu’Alexia lui donnait, et il lui arrivait même de sourire à cette pensée.
Ho bien sûr Elle dansait aussi, c’est Alexia qui lui avait donné cette passion. Sur scène bien souvent des larmes coulaient lorsqu’ Elle entamait la mort du cygne. Elle attendait, toujours Elle attendait.. Qui allait l’abattre?
Jean frédéric.
‘’jfred’’

Commentaires
Par Belouga le 21/03/2005 à 08h11
Tu fais chi... Jfred, avec tes textes, ils sont magnifiquement bien.
Par catoxique le 19/03/2005 à 22h44
C'est tragiquement beau !... Très émue...vraiment!
Très belle plume Jfred ! Ce que j'aime par dessus tout, c'est ta façon de planter le decor avec une multitudes de détails, et très pudiquement, en quelques phrases seulement, faire apparaître le fond de l'histoire...C'est du talent ça!..
Je te dis bravo et t'embrasse
Catherine
Par lili3666 le 19/03/2005 à 19h57
ton texte est vraimen beau
ta un véritable talent
jadore ton texte meme sil est vraimen triste
et la tu me fai brailler
Par camomille631 le 19/03/2005 à 15h15
J'ai les larmes qui montent aux yeux, j'ai eu un peu de mal a suivre au début mais j'adore comment tu écrit mon fred... Deviens journaliste, ca se sent que c'est fait pour toi, ou ecrivain, j'ai mon ancien prof principal qui me parlait ce amtin, il m'a dit publie tes poèmes, tu verra c'est super, j'ai une amie qui a fait de meme avec ses peintures, c'est larousse qui la publie............
Je t'assure lance toi ,n'aie jamais peur des clauqes, elles sont trop fréquentes, on s'habitue, mais je t'en supplie... Tu a une telle plume...............
Par Arwen le 19/03/2005 à 11h56
Comme dans le virtulbook, tu nous montres encore une fois que tu es doué pour le suspens...
Vraiment tu tiens le lecteur jusqu'au bout.
Non seulement, mais tu le fais avec une note de sensibilité très juste.
Tu pimentes, tu assaisonnes avec une mesure très précise; tout ce qu'il faut pour rendre le texte passionnant et passioné!
Bravo à toi, Arwen
Par emmy 34 le 18/03/2005 à 23h48
MAGNIFIQUE !
Je n'ai pas pleuré comme tu me l'avais prédit, je suis émue... tu es un as du suspense !!!
Je me dis que c'était une bonne idée tertulia.. Qu’est-ce que tu écris bien ! elles sont si bien construites tes histoires, le rebondissement toujours inattendus.
Je suis conquise, déjà sur le virtuel book j'ai été conquise par ton texte... faut continuer Fred, c'est magnifique !
Je ne peux que te dire ce que je ressens
parce que je ne pense pas là, je ressens, comme quand je lis Anna Gavalda ou Dominique Dyens
elles sont parfaites tes histoires...
originalité, suspens, émotion, message...
Je suis toute retournée
Laisse moi savourer.......
c'est du pur bonheur
Quand dimanche dernier tu m'as dit que tu "voyais" 'histoire... c'était déjà ça ?
Je viens de relire...
Pourtant la photo au départ tu m'as dit gloupsss
Tu me promets d'avoir sur toi en permanence de quoi noter ?
Je t'embrasse
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