La Tertulia

reponse de jfred au défi

le 25/03/2005 à 22h11
« le jour se lève sur ma banlieue, j’ai froid c’est pourtant pas l’hiver »

Jimy marchait tranquillement sur l’allée à peine ombrée de platanes décatis tellement ils étaient bien entretenus
En allant droit devant lui. Il ne laisserait pas faire ça. on avait bafouer sa famille, sa seule famille qui soit digne de ce nom. Ses potes, ses vrais amis. Ceux de qui sont avec lui continuellement dans la galère, et qui vivotent, qui survivent plutôt. Il ne se plaint pas de ça, de toute façon, il n’a connu que cette vie de merde, alors bon, continuer est déjà pas mal. Pas la moindre ambition à l’horizon de ses pensées, rien que vivre au jour le jour, sans lendemain, et si il y en a un, alors tant mieux. Les mains enfonçées dans les poches de son blouson adidas il marche vite, c’est pas dans son habitude, il a plutôt une allure nonchalante quand il marche. Il n’a peur de rien, il le sait, la violence, la douleur, tout ça n’est rien, il s’en fout royalement, il n’a peur de rien. C’est de toute façon ce qui les unis tous ensemble, ils n’ont peur de rien. Plus aucunes limites à rien, c’est comme ça, les valeurs, il en a bien entendu parlé à la maison de quartier, le respect aussi, il ne veut que ça lui le respect, mais ça le fait marrer ! Le respect, est ce que lui, Jimy il respecte quelque chose à part sa vraie famille, et encore, est ce qu’il la trahie pas quelque part, quand il part seul du côté du fleuve pour être seul, enfin seul? Il ne sait pas trop de toute façon il s’en fout, pour le moment ce qui il y a à faire c’est venger ce qu’on a fait à son cousin Samir. Une bande de « vieux » l’ont traité de sale arabe! Ça il laisse pas passer.. Samir peut pas se défendre lui quand il est tout seul, et du haut de ses 11 ans, Jimy lui va arranger ça, à 17 ans on doit défendre et laver l’honneur des ses cousins quels qu’ils soient. Il les connaît ces enculés qui ont insulté Samir, bien sûr qu’il les connaît. Ce sont eux qui appellent les flics tout le temps pour n’importe quoi, pour un rap un peu trop fort et dans les paroles et dans le son, pour une cave fracturée, pour 3 ou 4 potes dans un hall, oui il les connaît, et il sait dans quoi ces pauvres cons roulent.. Ce soir il va y avoir feu d’artifice. Il se souvient que lorsqu’il était gamin, il adorait ça les feux d’artifice, ça pétait de partout, y avait de supers couleurs dans le ciel, ça faisait du bruit, du bruit, pour enrayer le silence des siens face à sa détresse. Les siens, son père, sa mère, son frère, dans 3 pièces au 12eme étage du hlm qu’il ne quitterait pour rien au monde, c’était le sien, c’était son univers. La rue son domaine. En marchant il repensait à ses fameux silences chez lui, sa mère à la cuisine, ou aux tâches ménagères, quelle vie de merde, son père à l’usine, jusqu’au chômage il y a 2 ans. Perpétuellement à la maison à trainer, à s’enfermer dans son mutisme ravageur. Il partageait sa chambre avec son frère et ça le saoulait grave, il aurait aimé avoir sa propre piaule, c’est sans doute pour ça que ses nuits, il les passait plutôt dehors, dans les caves, dormir n’importe où, avec n’importe qui, n’importe quelle meuf à côté de lui. Baiser, voilà un bon truc, ça il adorait et il sait pas pourquoi mais elles lui tournaient toutes autour, ça le faisait marrer, il savait qu’il les baiseraient toutes !! Même des fois ça lui faisait drôle parce que la dernière avait l’age de son frère 14 ans. Ouais ben qu’elle s’estime heureuse elle n’a été qu’avec lui. Il aurait pu la refiler à ses potes après tout, ça se fait souvent par chez lui, mais lui il n’a jamais voulu faire ça. Jimy est un grand seigneur!! Seigneur de la cité
Non il ne fait pas ça, mais par contre il baise, peu importe l’age. Jimy marchait, 23h, ses potes étaient restés près de la porte du hall, son numéro de batiment 13, chiffre porte bonheur?? Et bien pour l’instant il ne l’avait pas bien vérifié. Jimy arrivait face au parking du premier connard. Dans son sac les cocktails étaient fait, près à l’emploi. Il le jeta sur la voiture, ça explosa de suite et elle s’embrasa.. Il arriva devant la deuxième, coktail lancé, voiture cramée. La troisième, ils étaient trois à avoir insulté son cousin Samir. Et la troisième s’envola en fumée. Nuit bleue, nuit éclairée, nuit d’enfer. Il l’avait fait et c’est il s’apperçut que ça ne le rendait même pas heureux..? Au lieu de retourner vers ses potes, il alla en direction du fleuve, là pour y être seul une nouvelle fois, et réver. Rêver, seul, en regardant doucement l’eau couler. Le grand fleuve qui partait vers la mer. La mer il partirait bien lui aussi des fois, même si il sait qu’il ne pourrait pas quitter sa vie, mais bon un voyage, partir pour mieux revenir. Il était assis sur l’herbe, la nuit profonde l’enveloppait, la pleine lune éclairait bien l’eau, pleine lune, c’était joli, lui qui ne connaissait que le gris de la cité. Il lui revint en mémoire, une conversation qu’avait eu sa mère avec son père il y a peu. Ils déblatéraient sur ce qu’était devenu leur fils ainé, il était dans sa chambre pour une fois, et il entendait sa mère qui disait un sanglot dans la voix ‘’ qu’est ce qu’on a raté pour qu’il soit comme ça?’’ et son père de répliquer ‘’ c’est lui tout seul qui s’est raté, moi j’ai rien fait’’ Jimy souriait « non t’a rien fait c’est sûr que t’a rien fait, mais est ce ta faute » parfois Jimy philosophait tout seul, surtout pas devant les autres, il se serait fait chambrer. Il entendit sa mère qui continua doucement en pleurant cette fois ci ‘’ qu’est ce que la vie a fait pour que nos jeunes soient devenus comme ça » il surprit juste un léger murmure de son père, léger si léger « ils étaient si parfait étant petits »
Jimy jeta une pierre dans l’eau, et s’en retourna vers la cité où les sirenes des pompiers retentissaient, il sourit en chantonnant une chanson qu’il aimait bien, pas du rap non, une chanson qu’il avait trouvé sur un vieux disque de son père. Il la chantonnait doucement en souriant
Le jour se lève sur ma banlieue, j’ai froid c’est pourtant pas l’hiver
Qu’est ce que j’pourrais foutre non de dieu
J’ai pas un rond et j’ai pas l’air sérieux, sérieux
J’suis un loubard parmi tant d’autres
Je crêche pas loin de la Défense
J’ai l’air crado c’est pas ma faute
Mon hlm c’est pas Byzance
Mon pote, mon pote
A 14 ans mon paternel, m’a fait embauché à l’usine
2 jours plus tard j’ai fait la belle
Paraît que j’suis un fils indigne, bordel
Un soir dans une rue déserte, j’ai fauché une Honda500
À un fils de bourgeois honnête, avec elle je fonce à 200
C’est chouette, ouais c’est chouette
Mon copain Pierrot s’est planté, sur l’autoroute un jour de pluie
Parfois je l’entends rigolé, c’est sûr qu’il est au paradis
C’t’enflé, c’t’enflé
Et moi j’continue mon cinoche au pied de ces buldings miteux
J’voudrais crever avant d’être moche
J’voudrais finir comme toi mon vieux gavroche
J’suis un loubard périphérique, j’en ai plein les bottes de ce bled
La France est une banlieue merdique, comme dit mon copain Mohammed
Aux flics, aux flic
Le jour se lève sur ma banlieue
J’ai froid c’est pourtant pas l’hiver
C’est drôle le bitume est tout bleu
Y a ma bécane qui crâme par terre
Bon Dieu, bon dieu
Ho mon Dieu, mon dieu..

Jimy savait qu’au fond de lui il foncherait une Honda 100000
Qu’il s’envolerait avec, qui partirait avec
Mais quand?
Les mains dans les poches, il arrivait au pied de son hlm
Ses potes étaient là.

Jfred

Commentaires

Par Arwen le 27/03/2005 à 23h45

toujours les mots qu'il faut, quand il faut.
Toujours présent partout, sensible à tout et agissant à sa mesure d'homme, jfred l'amoureux de l'enfance nous jette la réalité en face et tant mieux! Parce qu'elle est là la réalité et il faut faire avec du mieux qu'on peut!
TENDRES BAISERS, Arwen.

Par lili3666 le 27/03/2005 à 23h33

franchemen fabuleu ton texte

et en plus tellemen réalisste

Par camomille631 le 27/03/2005 à 19h32

bravo emmy........... et surtout bravo fred!!!!!!!!!!

Par emmy34 le 27/03/2005 à 16h43

Comme je te retrouve dans ton texte mon ami !
C'est bien ton regard précis et plein d'amour sur ce monde qui nous entoure, sans jugement et si juste. Rien n'échappe à tes yeux d'amour, tu n'enlaidis pas, tu n'embellis pas la réalité, tu regardes non seulement avec tes yeux mais aussi avec ton coeur.
Il y a tellement d'émotions dans ton texte !
l'amour, la rage, la colère, le désespoir mais surtout et toujours cette certitude qu'il ne faut pas baisser les bras, qu'il faut aujourd'hui et toujours continuer à se battre pour que ce monde soit meilleur !

Mille mercis Fred
Je t'aime

Par camomille631 le 27/03/2005 à 10h35

tu sais ce que je pense fred, comme tu l'a dit si bien hier soir, tu lis en moi, pas tout, mais un partie, savoir.........Mais tu sais tout!!!!!!!si tu continues je vais te hair de tout savoir, mais non, je t'aime encore plus de comprendre et d'essayer de m'aider, et ton texte est magnifique, la chanson aussi.........Bravo mon fred, je t'aime fort de tout mon petit coeur.............. et tu est bien le seul a arriver a recoller tant bien que mal les morceaux dispersés au 4 vents de mno coeur, toi ainsi qu'emmy, meme si j'ai pas parlé avec emmy comme je t'ai parlé hier soir, mais fred bravo pour tout, et merci............

Par jfred le 26/03/2005 à 11h10

jai omis d préciser que la chanson est de Renaud, pour ceux qui ne savaient pas, il y a, tellement d'années....

Par catoxique le 26/03/2005 à 10h15

C'est criant de vérité.C'est douloureux...
La chanson de Gerard Manset "Lumières" pourrait parfaitement illustrer ton histoire...
Tu m'as remuée, secouée là...
Je t'embrasse
Catherine



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