La Tertulia

Réponse au défi

le 26/03/2005 à 00h36
" Enfants, vous étiez sans défauts. Que s'est-il donc passé au cours de votre adolescence? "
André Lévy

A l’enfant qui est né, l’innocence est offerte.
Cadeau de la nature, ou présent des dieux celtes.
Celui qui apprendra à devenir un grand
Va découvrir hélas l’univers qui l’attend.
Sourire et regard tendre de l’enfant sans défauts,
Qui apprendra la vie, comme d’autres, beaucoup trop tôt…
Gardons-lui précieusement ces moments de magie,
Sauvons-le maintenant, même si c’est malgré lui.
Car viendra le moment craint de l’adolescence,
Pour l’adulte qu’il n’est pas, pour l’enfant qu’il n’est plus,
Qui peut sombrer alors, dans une douce insouciance
Et se livrer sans peur, à toutes sortes d’abus.
Toi l’enfant aussi pur que le serait un ange
Que s’est-il donc passé pour qu’aujourd’hui tu changes,
Je le sais, tu es grand, tu deviens un adulte,
Je te place sous la garde de tous les dieux occultes,
Pour qu’ils veillent sur toi, comme je ne le saurai.

*.* Kitinaé *.*

reponse de jfred au défi

le 25/03/2005 à 22h11
« le jour se lève sur ma banlieue, j’ai froid c’est pourtant pas l’hiver »

Jimy marchait tranquillement sur l’allée à peine ombrée de platanes décatis tellement ils étaient bien entretenus
En allant droit devant lui. Il ne laisserait pas faire ça. on avait bafouer sa famille, sa seule famille qui soit digne de ce nom. Ses potes, ses vrais amis. Ceux de qui sont avec lui continuellement dans la galère, et qui vivotent, qui survivent plutôt. Il ne se plaint pas de ça, de toute façon, il n’a connu que cette vie de merde, alors bon, continuer est déjà pas mal. Pas la moindre ambition à l’horizon de ses pensées, rien que vivre au jour le jour, sans lendemain, et si il y en a un, alors tant mieux. Les mains enfonçées dans les poches de son blouson adidas il marche vite, c’est pas dans son habitude, il a plutôt une allure nonchalante quand il marche. Il n’a peur de rien, il le sait, la violence, la douleur, tout ça n’est rien, il s’en fout royalement, il n’a peur de rien. C’est de toute façon ce qui les unis tous ensemble, ils n’ont peur de rien. Plus aucunes limites à rien, c’est comme ça, les valeurs, il en a bien entendu parlé à la maison de quartier, le respect aussi, il ne veut que ça lui le respect, mais ça le fait marrer ! Le respect, est ce que lui, Jimy il respecte quelque chose à part sa vraie famille, et encore, est ce qu’il la trahie pas quelque part, quand il part seul du côté du fleuve pour être seul, enfin seul? Il ne sait pas trop de toute façon il s’en fout, pour le moment ce qui il y a à faire c’est venger ce qu’on a fait à son cousin Samir. Une bande de « vieux » l’ont traité de sale arabe! Ça il laisse pas passer.. Samir peut pas se défendre lui quand il est tout seul, et du haut de ses 11 ans, Jimy lui va arranger ça, à 17 ans on doit défendre et laver l’honneur des ses cousins quels qu’ils soient. Il les connaît ces enculés qui ont insulté Samir, bien sûr qu’il les connaît. Ce sont eux qui appellent les flics tout le temps pour n’importe quoi, pour un rap un peu trop fort et dans les paroles et dans le son, pour une cave fracturée, pour 3 ou 4 potes dans un hall, oui il les connaît, et il sait dans quoi ces pauvres cons roulent.. Ce soir il va y avoir feu d’artifice. Il se souvient que lorsqu’il était gamin, il adorait ça les feux d’artifice, ça pétait de partout, y avait de supers couleurs dans le ciel, ça faisait du bruit, du bruit, pour enrayer le silence des siens face à sa détresse. Les siens, son père, sa mère, son frère, dans 3 pièces au 12eme étage du hlm qu’il ne quitterait pour rien au monde, c’était le sien, c’était son univers. La rue son domaine. En marchant il repensait à ses fameux silences chez lui, sa mère à la cuisine, ou aux tâches ménagères, quelle vie de merde, son père à l’usine, jusqu’au chômage il y a 2 ans. Perpétuellement à la maison à trainer, à s’enfermer dans son mutisme ravageur. Il partageait sa chambre avec son frère et ça le saoulait grave, il aurait aimé avoir sa propre piaule, c’est sans doute pour ça que ses nuits, il les passait plutôt dehors, dans les caves, dormir n’importe où, avec n’importe qui, n’importe quelle meuf à côté de lui. Baiser, voilà un bon truc, ça il adorait et il sait pas pourquoi mais elles lui tournaient toutes autour, ça le faisait marrer, il savait qu’il les baiseraient toutes !! Même des fois ça lui faisait drôle parce que la dernière avait l’age de son frère 14 ans. Ouais ben qu’elle s’estime heureuse elle n’a été qu’avec lui. Il aurait pu la refiler à ses potes après tout, ça se fait souvent par chez lui, mais lui il n’a jamais voulu faire ça. Jimy est un grand seigneur!! Seigneur de la cité
Non il ne fait pas ça, mais par contre il baise, peu importe l’age. Jimy marchait, 23h, ses potes étaient restés près de la porte du hall, son numéro de batiment 13, chiffre porte bonheur?? Et bien pour l’instant il ne l’avait pas bien vérifié. Jimy arrivait face au parking du premier connard. Dans son sac les cocktails étaient fait, près à l’emploi. Il le jeta sur la voiture, ça explosa de suite et elle s’embrasa.. Il arriva devant la deuxième, coktail lancé, voiture cramée. La troisième, ils étaient trois à avoir insulté son cousin Samir. Et la troisième s’envola en fumée. Nuit bleue, nuit éclairée, nuit d’enfer. Il l’avait fait et c’est il s’apperçut que ça ne le rendait même pas heureux..? Au lieu de retourner vers ses potes, il alla en direction du fleuve, là pour y être seul une nouvelle fois, et réver. Rêver, seul, en regardant doucement l’eau couler. Le grand fleuve qui partait vers la mer. La mer il partirait bien lui aussi des fois, même si il sait qu’il ne pourrait pas quitter sa vie, mais bon un voyage, partir pour mieux revenir. Il était assis sur l’herbe, la nuit profonde l’enveloppait, la pleine lune éclairait bien l’eau, pleine lune, c’était joli, lui qui ne connaissait que le gris de la cité. Il lui revint en mémoire, une conversation qu’avait eu sa mère avec son père il y a peu. Ils déblatéraient sur ce qu’était devenu leur fils ainé, il était dans sa chambre pour une fois, et il entendait sa mère qui disait un sanglot dans la voix ‘’ qu’est ce qu’on a raté pour qu’il soit comme ça?’’ et son père de répliquer ‘’ c’est lui tout seul qui s’est raté, moi j’ai rien fait’’ Jimy souriait « non t’a rien fait c’est sûr que t’a rien fait, mais est ce ta faute » parfois Jimy philosophait tout seul, surtout pas devant les autres, il se serait fait chambrer. Il entendit sa mère qui continua doucement en pleurant cette fois ci ‘’ qu’est ce que la vie a fait pour que nos jeunes soient devenus comme ça » il surprit juste un léger murmure de son père, léger si léger « ils étaient si parfait étant petits »
Jimy jeta une pierre dans l’eau, et s’en retourna vers la cité où les sirenes des pompiers retentissaient, il sourit en chantonnant une chanson qu’il aimait bien, pas du rap non, une chanson qu’il avait trouvé sur un vieux disque de son père. Il la chantonnait doucement en souriant
Le jour se lève sur ma banlieue, j’ai froid c’est pourtant pas l’hiver
Qu’est ce que j’pourrais foutre non de dieu
J’ai pas un rond et j’ai pas l’air sérieux, sérieux
J’suis un loubard parmi tant d’autres
Je crêche pas loin de la Défense
J’ai l’air crado c’est pas ma faute
Mon hlm c’est pas Byzance
Mon pote, mon pote
A 14 ans mon paternel, m’a fait embauché à l’usine
2 jours plus tard j’ai fait la belle
Paraît que j’suis un fils indigne, bordel
Un soir dans une rue déserte, j’ai fauché une Honda500
À un fils de bourgeois honnête, avec elle je fonce à 200
C’est chouette, ouais c’est chouette
Mon copain Pierrot s’est planté, sur l’autoroute un jour de pluie
Parfois je l’entends rigolé, c’est sûr qu’il est au paradis
C’t’enflé, c’t’enflé
Et moi j’continue mon cinoche au pied de ces buldings miteux
J’voudrais crever avant d’être moche
J’voudrais finir comme toi mon vieux gavroche
J’suis un loubard périphérique, j’en ai plein les bottes de ce bled
La France est une banlieue merdique, comme dit mon copain Mohammed
Aux flics, aux flic
Le jour se lève sur ma banlieue
J’ai froid c’est pourtant pas l’hiver
C’est drôle le bitume est tout bleu
Y a ma bécane qui crâme par terre
Bon Dieu, bon dieu
Ho mon Dieu, mon dieu..

Jimy savait qu’au fond de lui il foncherait une Honda 100000
Qu’il s’envolerait avec, qui partirait avec
Mais quand?
Les mains dans les poches, il arrivait au pied de son hlm
Ses potes étaient là.

Jfred

pour le défi4

le 25/03/2005 à 21h43
je nai po grand temps parceke aujourd'hui jdois préparer ma fete

alors jy vais sur le moment
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On dit que les enfants sont sans défaut.C'est parce que ils ne connaissent rien au chose de la vie.
C'est parce qu'ils ne connaissent rien au chose de la vie qu'ils sont si cruel envers un enfant infirme.
A l'adolescence, les enfants comprennent certaine chose et deviennent moins cruel envers les autres.En devenant adulte, ils ont perdus leur innoncence qu'ils avait enfant.Alors ils deviennes sérieux sans entrain. Mais rare sont les adultes passé l'adolescence qui garde leur coeur d'enfant.Un adolescent devenu adulte avec un coeur d'enfant gardera sa joie de vivre pour toujours et ainsi il vivra plus vieux. Un adolescent c'est celui qui apprend les choses de la vie et qui devient adulte avec ou sans son coeur d'enfant.Alors c'est vrai que les enfants sont presques sans défaut mais ce n'est pas de leur fautes ils ne connaissent pas les choses. Un enfant c'est cruel et innoncent, un ado c'est celui qui apprend et devient moins cruel et un adulte c'est sérieux sauf s'il a gardé son coeur d'enfant.
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voilà c'est ça qui est ça

Réponse

le 24/03/2005 à 19h27
Cette réponse au défi se trouvait dans les commentaires.
Elle pourra être lue par tout le monde ici

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Le 24-03-2005 à 13:32 par Much ado for nothing (62.167.74.221 adsl-62-167-74-221.adslplu...

Enfant, tu étais sans défaut. Te souviens-tu ? Tes petits doigts potelés, tes joues rondes mouillées de larmes. Enfant, tu étais sans défaut. Caresses et bisous, voitures et poupées. Te souviens-tu ? Vous étiez sans défaut. Et moi, je les avais tous. J'avais têté et mordu le sein de l'orgueil, j'avais le regard un peu trop profonds et les mots coulaient trop facilement.
Etre enfant, c'est avant tout l'expérience de sensations extrêmes, le bonheur infini et les pleurs intarissables, l'amour sans limite et la haine aveugle. Vous étiez en tout point parfaits, j'avais tous les défauts. Vous vous souvenez, n'est-ce pas ?
Il y a toujours un moment où la solitude pousse à faire des choix. S'aplatir et mendier une ombre d'amitié ou s'envoler, loin, au-dessus de la masse, dans le plus total mépris du troupeau bêlant. Inutile de dire quel fut ma décision.
Te souviens-tu José ? Te souviens-tu des insultes et des coups ? Et toi Fred, et toi Jérôme ? Vous souvenez-vous des humiliations, des menaces ? Comme le rire arrange tout, vous étiez sans défaut, le rire efface les torts les plus infâmes. Et les larmes, les larmes de vaine componction viennent trop tard, la pitié inutile ne panse pas les blessures. Enfant, tu étais sans défaut.

Et les années s'envolent, sans qu'on s'en aperçoive tant le bonheur est intense.

Mais que s'est-il passé mon ami ? Enfant, tu étais sans défaut et te voilà minable. La jeune pousse s'est gorgé de sang et de larmes et la fleur qui éclôt est déjà fânée, pourrie de la racine. Enfant, tu étais sans défaut, mais l'âge a marqué dans ta chair les stigmates de l'imbécilité. Enfant, tu étais sans défaut et te voilà médiocre et boutonneux, pour le restant de tes jours. Est-il vraiment nécessaire de poursuivre ? Mes défauts illuminent à présent mon visage et fait paraître plus sombre encore votre idiotie crasse. José ne fait plus peur à personne, Fred et ses délires ne fait plus rire personne, Jérôme s'est suicidé effrayé par son propre visage. L'adolescence a exacerbé votre perfection enfantine ridicule... l'âge adulte et la vieillesse en seront à jamais marqués.
Je vous remercie, vos sarcasmes et votre médiocrité ont été le terreau fertile de l'exception et de la beauté. Je vous remercie. Je te remercie, petit enfant parfait...

Défi ¨n° 4: à vos plumes!!!!!

le 21/03/2005 à 10h52
J'espère que cette petite phrase qui me semble terriblement d'actualité pourra vous inspier pour ce quatrième défi.
Bonne inspiration, donner le meilleur de vous même et tout mon amour de plume,

Arwen

Voici le défi:


" Enfants, vous étiez sans défauts. Que s'est-il donc passé au cours de votre adolescence? "
André Lévy

Merci

le 20/03/2005 à 21h56
Le Défi n°3 est à présent clôturé

Dès demain un nouvel défi vous sera proposé

Nous posterons comme d'habitude le w- end prochain si vous êtes d'accord.

Bonne semaine à tous et

A vos plumes !

Emmy

Poussière d'Etoile

le 19/03/2005 à 21h03
Ton coeur n'est que silence et élégance
Lumière pénétrant le souvenir de ton âme
Etoile filante au royaume éphémère de la danse
Ton plaisir s'abandonne en perles de larmes

Un fâcheux destin mène tes espoirs au néant
Maladie cruelle qui terrasse tout ton être
Tu redessines le spectacle de ton rêve d'enfant
Dans l'ombre de ton tutu tu te sens disparaître

Du bout des doigts tu caresses ton chausson satiné
Poussière d'étoile il te pousse des ailes
De ton corps si frêle s'échappe un cri étouffé
Dans une ultime danse, étoile, tu rejoins le ciel

Catoxique

pour le défi 3

le 19/03/2005 à 20h05
je n'ai eu aucun moment pour écrire alors je vais écrire sur l'inspiration du moment

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Une ballerine danse avec autant que grâce qu'une gazelle

Une ballerine danse le ballet

Un ballet c'est la grâce et la grâce n'est pas que le ballet

la grâce c'est aussi une goutte d'eau coulant sur une fenêtre

la grâce c'est aussi une feuille qui tombe

la grâce c'est les ballerines qui l'incarnent

mais la grâce n'est pas que là

tout le monde peut avoir la grâce
(et la je parle pas de la grasse matiné)

tout le monde est gracieux dans un moment de leur vie et même plusieur momen de la vie

les ballerines incarne la grâce et la danse

Douce ballerine qui nous fait nous émerveillé devant tant de grâce

moi je vous dit regarder les gouttes d'eau qui coulent le long des fenêtre ou une feuille qui tombe à l'automne et vous y verrez autant de grâce que dans une douce ballerine
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écrit par lili
Je suis trop désolée, j'ai pas pu résister a l'envie de glisser le seigneur des anneaux, c'est terrible je sais, mais j'ai pas pu aller a sainte marie, quand j'ai vu les pensionnaires, j'ai failli me pendre!!!!!!!!!!!!!lol

Danseuse étoile, danseuse éclair, dnas un dernier salut se retire de la scène, comme un vent frais d'automne passe sur la lande déserte. Cette danseuse a fini son temps, elle doit céder sa place a une nouvelle danseuse étoile, qui elle aussi portera le même anneau qu'elle porte en sortant de scène, qu'elle n'a pas quitté depuis qu' on lui a offert, lorsqu'elle est devenue danseuse étoile, et qu'on offre a toutes celles qui le deviennent. Une courte carrière, mais pourtant tant de souvenirs déjà. Tant de voyages, tant de sourires, tant de fous-rires derrière les coulisses, mais tout cela est bien loin déjà. Dans son bain, elle fait tourner son anneau. Il aura toujours autnat de valeur a ses yeux, mais plus aux yeux du monde.
Elle fait ses exercices en silence, comme tous les jours depuis tant d'années, mais son entrain si habituel pourtant a disparu. Il a passé, comme une chanson qui se finit sur un CD usé par le temps, ballerine d'un soir, ce temps est révolu, passe passe ...
Maintenant, elle enseigne a l' opéra, elle entraîne les futures danseuses étoiles, qui, elles aussi, porterons l'anneau qu'elle n' a jamais quitté et qu'elle ne quittera jamais. Le temps a marqué son visage, les années ont passé, et pourtant le respect que tout le monde lui témoigne depuis tant de temps est toujours aussi vivace. Son visage est toujours aussi beau , malgré les rides et les cheveux blancs qui commmencent a apparaitre. Ca lui donne un éclat particulier, sa carrière n'est pas totalement finie. Maintenant, elle monte sur scène avec sa protégée, cette nouvelle danseuse étoile qu'est sa fille, elle a du tout arreter pour elle, mais maintenant elle ne le regrette pas.
Sa fille est animée par la même passion qu'elle et porte maintenant l'anneau qu'elle même porte depuis tant d'années. La ligne n'est pas brisée, car l'amour d'une passion se transmet généralement de génération en génération et ne faibli jamais...

J'espere que vous avez aimé...........

Le petit rat se meurt…

le 19/03/2005 à 00h37
Le petit rat se meurt…

Tout est fini ! Les lumières se sont éteintes, le rideau est tombé, l’orchestre déjà loin. Même Tchaïkovski s’en est retourné dans son oeuvre.
Tout était parfait, techniquement du moins : pas un faux pas, toute harmonie, ses doigts semblent encore jouer les dernières notes de cet amour, de son amour !

Une danseuse étoile, sublime dans ce mouvement d’alliance du corps et de la mort. Et son cou frêle, ce prolongement gracieux de toute sa personne, allongé en prélude de soumission au sort. Elle est le cygne de son fantôme pas celui de Tchaïkovski !
La danseuse, qui a prêté à l’oiseau infortuné sa grâce, pleure à même la scène.
Non, son talent n’est pas en cause ; c’est son cœur qui comme un miroir s’est brisé.
Le petit rat, dans cet immense opéra, n’a dansé que pour lui, lui qui n’est pas venu.
Qu’importe maintenant le succès qui en suivra, puisqu’elle ne dansera plus jamais.
Corps replié sur son chagrin, elle caresse ces planches qui de son envol ont vibré. Elle est fusion avec cette surface soigneusement lustrée et qu’elle voudrait pour hypogée. Elle ne voit plus, elle n’entend plus. Elle écoute son sanglot qui brimbale son corps, sourde et aveugle comme l’amour infantile.

Même dans cet instant de désespoir, lui, ombre derrière le rideau du fauteuil d’orchestre, cette loge réservée à l’élite, il la regarde, petit oiseau fragile dans son tulle blanc et ces petits chaussons si bien lacés. Il lui avait tout promis : l’or et l’argent, le monde et ses secrets, l’amour et sa beauté. Il lui avait juré d’être là pour la dernière représentation et cette promesse, il la tient mais elle ne le sait pas, non pas encore, pas comme elle l’imagine. Il l’aime trop pour l’abîmer : lui le vagabond des cœurs, que pourrait-il offrir à un cygne.
Lui le canard boiteux, le pauvre riche peut-il lui offrir cette unique fleur ? Il a tant hésité entre toutes les fleurs exposées : les roses ? Non, elles pourraient la blesser. Une marguerite, trop banale, même le lys, trop commun. Un camélia immaculé, voilà ! Elle le reconnaîtra à travers lui, il en est sûr : ce présent lui parlera de son tourment, de son sentiment. Il lui dira ses vies passées, ses mains sales de sang.
Et il attend aussi tremblant qu’elle, aussi sourd et aveuglé par l’amour au visage d’innocence. Immobile, retenant le moindre souffle pouvant trahir sa présence. Du fond de son cœur de fantôme d’opéra, il lui dit adieu.
L’homme lance sur la scène le camélia, mais la danseuse, tout à son égoïste chagrin, reste brasée à ce parquet dans un lac de larmes.

.
Le cygne se meurt et le fantôme disparaît à jamais.
Lui si diaboliquement mûr et elle si divinement ingénue.
Chacun d’eux enfermés dans leur propre douleur, tous deux consumés par leur stupide aveuglément, ils ferment les yeux sur l’essentiel : l’amour n’obéit à aucune loi établie par la raison et encore moins par la société bien pensante.
Ils éludent ainsi l’essence de l’amour : l’oubli de soi, le temps d’accepter l’autre dans toute sa complexité et l’union, ensuite, de deux incomplétudes.
Ils sont restés « il et elle », ne laissant pas de chance, même infime, au Nous….et ont laissé prise à la mort d’un amour qui devait encore naître.

(Arwen Gernak)
14-03-05
T.D. 2005

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