La Tertulia

Réponse au défi 128 par @mandine

le 08/03/2008 à 21h06
D'ordinaire,  c'est toi qui conduisais Tom à son club de foot le samedi mais cette fois il  a voulu s'en charger. Il est si rarement là le samedi - toujours en déplacement  - qu'il a souhaité accompagner son fils, le voir jouer et partager avec lui un de ces si rares moments de complicité. Tu sais qu'il est parfois imprudent, que souvent il conduit trop vite mais tu n'as pas voulu gâcher leur plaisir, et même aujourd'hui tu n'as pas la force de le blâmer. Tu les as laissé partir seuls, entre hommes. Lui a voulu impressionner son fils. Il a pris les virages à pleine vitesse. Tom riait aux éclats jusqu'au moment où son père a percuté le platane de plein fouet...
Aujourd'hui, je te regarde, debout, bien droite devant ce lit d'hôpital où dors ton bien aimé. Je t'observe, écoutant les encouragements des proches et les conseils du personnel soignant. Je vois bien que tu ne les entends pas, qu'une seule phrase résonne dans ta tête "je viens de perdre mon petit homme. Il est parti, pour toujours. Je ne pourrai plus le serrer dans mes bras..." et je comprend que tu aimerais prendre sa place. Je sais que tu aimerais que l'on te mette en terre et que lui soit toujours là...
 Tu n’as plus de larmes pour tes yeux
Ton  âme est sur le feu
Qui brûle tout
Et moi, je veux te sauver...

Moi, qui t'aime depuis si longtemps, en silence et en secret, je veux t'emmener loin, te faire oublier que c'est l'homme de ta vie qui lutte contre la mort dans cette chambre immaculée, que c'est ton fils que tu viens de perdre. Je t'offrirai tout ce dont tu désires: soleil, plages, sable fin et cocotiers, si tu me laisses recommencer nos vies, notre vie, ensemble...

Mais, c'est alors que ton regard croise le mien que je me rend compte à quel point de telles pensées sont absurdes et déplacées... Tes yeux sont pleins de tendresse. Nous savons tous les deux que je serai là pour toi, en toute amitié, en toute discrétion et que lorsqu'il reviendra à lui, celui que tu as choisi d'épouser reprendra sa place auprès de toi. Vous essayerez de reprendre le cours de votre vie, de guérir la blessure profonde que représente la perte d'un enfant. Vous serez plus que jamais soudés, unis...
Alors je sors de cet hôpital et, avant d'aller le rejoindre, je vais poser une dernière rose blanche sur la tombe de celui que je considérais comme mon fils, en pensant qu'il serait toujours là, si tu m'avais laisser veiller sur lui...

@mandine

- J'ai essayé ;) -

défi par Isie

le 03/03/2008 à 14h54
Plus rien ne bouge. La nuit,juste la nuit.
Allongée dans son lit, elle n’attend plus rien. L’aube, peut être. Et encore. Sandra passe régulièrement la tête dans l’embrasure de la porte, juste pour être sûre. Sûre qu’elle respire encore.
Les heures se transforment en jour, les jours en mois. La nuit, tout le temps.
Et après tout, c’est beau, la nuit. C’est l’oubli, le rêve, les espoirs auxquels on peut encore s’accrocher avant que le soleil réveil la vérité.
C’est les marques des draps sur la joue, l’oreiller humide des rêves inaccomplis, et inachevés.
La nuit. Et pourquoi pas, après tout ? peut être qu’elle est bien dans son lit. Toute blanche, toute petite, toute ridée.
Peut être que ses enfants ne lui manquent pas, finalement. Peut être que l’oubli dont elle est l’objet, elle ne s’en rend pas compte. Perdue dans ses rêves, dans sa nuit éternelle.

Sandra la croise tous les jours depuis neuf mois maintenant. Chambre 205, service des soins palliatifs.
Elle n’est déjà plus là, déjà elle est absente. Juste un corps qui respire à peine, une poitrine vidée qui se soulève mécaniquement. Elle parle parfois, elle sourit dans sa nuit, à sa nuit ?
Elle ne dit jamais rien sur elle, sur sa vie. Sa vie d’avant, d’avant la mort .

Un jour, Sandra souhaite entrer dans la chambre blanche, embrasser ce corps blanc, peigner une dernière fois ces cheveux blancs. Elle souhaite entrer avec cette seringue qu’elle a préparé il y a quelques temps déjà. La dose est mortelle. Mais qui s’en souci ?
Elle pourrait l’aider, elle en est sûre. Elle pourrait mettre un terme à ces mécanismes. Mais le voudrait-elle ?
Quelle conscience de la vie lui reste-t-il ? quelle conscience, tout simplement, lui reste-t-il ?
A-t-elle mal ?
Aime-t-elle encore la vie, elle qui la quitte à son rythme, seule, doucement ?

Tu n’as plus de larmes pour tes yeux
Et ton âme est sur le feu
Qui brûle tout
Et moi je veux te sauver

Le voudrait-elle seulement ? peut on accueillir la mort pour ce qu’elle est, finalement : la seule amie qui nous reste ?

Sandra jette un œil sur la forme endormie…
Elle prie, elle prie pour que du fond de sa nuit, elle lui fasse un signe. Un signe pour lui dire qu’elle attend son aide ou un signe pour lui dire qu’elle n’en veut pas. Juste pour ne pas rester avec cette incertitude : ne pas savoir jusqu’où peut aller la douleur au fond de la nuit, alors qu’entre ses mains tremblantes elle tient la solution pour mettre un terme à cette douleur…

© isie

texte 128

le 01/03/2008 à 14h17
Tu n’as plus de larmes pour tes yeux

Et ton âme est sur le feu

Qui brûle tout

Et moi je veux te sauver

 

Il est trop tard, bien trop tard pour esquisser un retour en arrière.

Je hais les gens qui pensent tout savoir. Je n’aime pas qu’on m’assomme d’expériences nauséabondes parce qu’au final, je considère toujours que je ne fais pas parie du cercle très intime des gagnants.

Ne les confonds pas avec les vantards, eux ne méritent pas d’être considérés, ceux dont je parle sont bien plus pernicieux, parce que ce sont des miraculés. Ils étaient sur le fil du rasoir et ont, comme par magie, sauvé leur peau. Oui, eux sont les pires, ils ont acquis un statut.  Leur vie, souvent pas tendre, émeut. Tu sais et je sais que les émotions se ressentent avec violence dans les fibres. Dans la perdition des autres, on se reconnaît, au pire on compatit.

Eux ont réussi, là où j’échoue. Leurs histoires, je m’en moque, d’ailleurs, j’ai décidé de ne plus les écouter. Et si tu ne me comprends pas. Tant pis.

 

Tu n’as plus de larmes pour tes yeux

Et ton âme est sur le feu

Qui brûle tout

Et moi je veux te sauver

 

Si tu savais combien la main que tu me tendais entravait mon cœur.

 

Je ne veux pas retourner en arrière, je n’y survivrai pas. Je n’ai jamais été endurant. Sais-tu comment c’était avant ? Non, car le savoir naît de l’expérience.

Toi, que connais-tu de la douleur ? Ce n’est pas un mythe encore moins une allégorie. Lorsque tu lis ou entends qu’elle laboure le ventre et fourrage le cœur, pourrais-tu concevoir un instant qu’il s’agisse d’une image, d’une réalité ? Subis la charrue qui sillonne la terre de tranchées profondes, encaisse les animaux qui piétinent et ravagent les entrailles. Personne ne mérite ça. Et toi, tu ne me comprends pas. Tant pis.

 

Tu n’as plus de larmes pour tes yeux

Et ton âme est sur le feu

Qui brûle tout

Et moi je veux te sauver

 

Si tu savais combien ton regard posé sur moi me brûlait.

 

Mon nouvel état, celui que je me suis forgé, je l’aime et le cultive, car il me sauve. Ce repos, j’y ai droit. Sais-tu, combien je l’ai espérée et attendue, pour qu’elle m’offre le répit ? Alors mon indifférence, je la garde. Oui, et tant pis si tu ne comprends pas.

Je sens ton jugement tacite, tes yeux ne savent pas dissimuler. Accepte ma liberté,  rends-moi ton estime même si je choisis l’aliénation. Parce que c’est avec satisfaction que j’étouffe mes émotions. 


 

Tu n’as plus de larmes pour tes yeux

Et ton âme est sur le feu

Qui brûle tout

Et moi je veux te sauver

 

Si tu savais, tu cesserais de tisonner mon âme.

 

 

 

*mayasuperstar*

Défi 128 lancé

le 24/02/2008 à 18h56

Voilà, je ferme le défi 127 et vous propose pour le suivant ceci :


'Tu n’as plus de larmes pour tes yeux


Et ton âme est sur le feu


Qui brûle tout


Et moi je veux te sauver'



 



Emily Loizeau



A ce week-end, excellente semaine à toutes et tous.



*mayasuperstar*


 

127

le 21/02/2008 à 00h17

Mon cher Pierre,

 

Voilà des mots que sans doute tu n’entendras pas, le courage me fait défaut ; quand il s’agit de toi, je perds le sens commun, j’agis de manière excessive ou je n’agis pas. Aujourd’hui, vient l’heure du bilan, je déplore que ce soit si tôt…. ou aussi tard. J’espérais que l’on m’offrit davantage de temps sur cette Terre, mais le grand Ordonnateur celui qu’il me plaisait tant de détester a décidé de frapper unae fois encore, un grand coup. Il me rappelle à lui par la petite porte et dans sa grande mansuétude, le bougre m’offre un sursis dérisoire : quelques jours tout au plus. J’ai honte de le laisser mener ma barque et de ne pas avoir le cran de me jeter sous un train. Tu te trompais, je renonce au destin des grandes héroïnes romantiques pour partir sans panache, je crois même que lorsque le moment viendra, j’aurai peur.

 

Un an déjà, peut-être plus, je n’ai plus vraiment la notion du temps. J’imagine que si tu le connaissais, tu prendrais mon récent mode de vie pour une démission et non comme un pèlerinage. Je n’oserai pas te mentir, car il est vrai que je vis telle une recluse dans la maison des Chapignades. Chaque nouveau jour, je pars à l’assaut de cette vieille bâtisse qui regorge de trésors. J’ai trouvé dans une vieille malle des photographies qui se plaisent à jaunir dans leur album, j’y découvre des regards et des sourires figés d’hommes au costume impeccable, de femmes dont l’histoire est presque palpable et d’enfants rieurs, tous mes aïeuls, toute une tribu singulière de non vivants. Dans le grenier, reposaient depuis près de 30 ans, entassés sous une couche extraordinaire de poussière, des kilomètres de bandes en super huit narrant le mariage de ma grand-mère Sylvia avec son beau militaire, celui qui périt sous les bombes, les vacances à St Malo sous les grandes tentes à rayures, les premiers pas de mon père devant l’étable de l’oncle Jean… C’est avec précaution, presque de manière religieuse que j’ai visionné le tout. Des petits bouts de vie dont je me repais, ils s’évertuent à me réchauffer le coeur et à sucrer mon quotidien. Mais le vide…pour me souvenir de tous ces instants, j’use des dizaines de stylos sur des cahiers d’écolier, des pages qui ne verront jamais le jour, et qui vivront le repos du juste au fond du tiroir du vieux chiffonnier. Ce matin, j’ai relu le premier carnet, celui qui rend les traces du passé si prégnantes et le présent si douloureux, celui qui me hante et me troue le coeur. ‘Le passé n’existe pas, seul le souvenir du passé est réel’, ce sont les derniers mots dont je me rappelle, je les ai retranscrit tels quels, sans doute par peur de les oublier, mais ils résonnent encore dans ma tête, tout comme ta voix. Je me souviens de cet instant-là, celui où j’ai senti en moi, dans cet endroit caché que je n’ouvrais qu’en de très rares occasions, cette parole anodine entrer avec violence et fracas. Je sens encore les gonds couiner un peu parce que la porte était trop peu souvent empruntée. L’étau qui me suffoqua alors, ne m’a plus jamais quitté. Je me souviens m’être sentie trahie et minable, t’avoir assené des paroles lourdes et éloquentes  puis avoir attendu de voir dans tes yeux combien je touchais fort et juste. Gagner m’a laissée plus vide encore et tu as quitté les lieux. Le bruit en bas de la rue, les cris puis la sirène, je les perçois encore mais tout est un peu flou après.

 

Aux Chapignades, je m’enfonce dans des souvenirs qui ne sont pas les miens, tu avais raison alors je t’avoue ma peine pour te faire souffrir un peu. La médiocrité me va bien. Gris de chagrin, la métaphore semble belle mais la réalité ne l’est pas car mon ivresse est celle qui fait vomir et dévore les entrailles. Savais-tu alors, que le chagrin après avoir annihilé toutes les émotions tue ? Est-ce pour cela que tu as manqué de prudence ? En moi depuis, seul réside la colère, celle que j’ai sentie t’habiter et que j’ai faite mienne pour qu’il me reste quelque chose. Je regrette, je regrette tellement. Quel sentiment étrange que celui d’attendre de voir le ciel s’assombrir et d’espérer un répit…

 

 

 

C'est peut-être ça qu'on cherche à travers la vie,

 

 rien que cela,

 

le plus grand chagrin possible

 

pour devenir soi-même avant de mourir.
Louis-Ferdinand Céline-Voyage au bout de la nuit

 

 

 

 

*fin du dix-septième cahier, retrouvé dans le vieux chiffonnier

 

 

 

mayasuperstar

 

 

 

 

Défi 127 par angelilly

le 18/02/2008 à 18h01

Après elle

J'en suis sûr, elle est toujours là.
Et elle me rend visite de l'Eternel.

Rappelle-toi : Le passé n'existe pas,
Seul le souvenir du passé est réel.

Oui, mais... et si j'entends sa voix,
Comment puis-je nier son appel ?

Rappelle-toi : Le passé n'existe pas,
Seul le souvenir du passé est réel.

Oui, mais... si je la devine près de moi,
Comment feindre que ce ne soit elle ?

Rappelle-toi : Le passé n'existe pas,
Seul le souvenir du passé est réel.

Oui, mais.. si j'entrevois son aura,
Comment démentir son halo immortel ?

Rappelle-toi : Le passé n'existe pas,
Seul le souvenir du passé est réel.

Oui, mais... si je sens m'enlacer ses bras,
Comment ne pas croire l'irrationnel ?

Rappelle-toi : Le passé n'existe pas,
Seul le souvenir du passé est réel.

Oui, mais... si le passé perdure en moi,
Comment puis-je réfuter qu'il soit réel ?



.~*~.angelilly.~*~.

Défi 127 par camomille631 ...

le 17/02/2008 à 20h53
"le passé n'existe pas, seul le souvenir du passé est réel"



Une présence, un âme, un souffle au creux de la mémoire ... C'est comme si tout redevenait comme avant.
Je me revois, il y a encore quelques années, passant par cet endroit, avec un autre. Ce n'était pas avec toi. C'était avec quelqu'un que je n'ai pas cessé d'aimer depuis toujours. Je l'ai toujours aimé.
Tu sais, pas d'un amour de quelques années, non, d'un amour plus fort que tout, qui réduisait tout en miettes sur son passage.
Je me souviens ...

Il y a 19 ans, j'ai rencontré quelqu'un, c'est anodin comme rencontre en fait. Nous étions au vernissage d'une expo d'art contemporain. Je m'y revois encore, là, bavardant au milieu des invités. Puis, ton regard. Intense, pénétrant, je me suis sentie nue sous tes yeux. Comme si tu savais tout de moi. Des yeux d'un noir magnifique. Tu avais les cheveux mi-longs et noirs, eux aussi. Tu étais plus âgé aussi. Beaucoup plus âgé. Mais qu'importe. Tu m'as approché, et nous sommes partis. Sans un mot. De toute façon, nous n'en avions pas besoin pour l'instant. Tout ce qui importait, c'était de nous connaitre mieux, mais sans utiliser les moyens du commun des mortels.
Une fois chez moi, nous avons parlé, parlé et parlé. Tu avais toujours ce regard si pénétrant, énigmatique et parfois rieur. Comme si tu anticipais ce que j'allais dire, que tes yeux savaient déjà quand rire.

Je m'en souviens tellement bien, mes souvenirs semblent tellement plus vrai que le passé ...

Nous avons vécu 6 mois d'un bonheur intense et ravageur. Personne ne pouvait nous voir, nous n'en avions cure. Ils ne supportaient pas notre si grande différence d'âge, tant pis pour eux. Nous formions un couple heureux. Tu avais beau avoir 46 ans et moi 25, on s'aimait, et c'était tout ce qui comptait.
Il n'y eu pas de chute, pas de fin. Cela fut brutal, inatendu. Tu as eu mal, brièvement. Puis la vie t'as quitté, comme ca, un matin de décembre, alors que je dormais au creux de tes bras. Dans un dernier souffle, ton âme est partie. Tes yeux de braise, je les ai fermés moi même. Je n'ai pas eu mal, étrangement. Comme si tu avais quitté ton corps pour rejoindre le mien, pour que je ne souffre pas du poids des ans et d'une vie entière sans toi.
Et puis il y eu ton dernier souhait. Tes cendres dispersées a Varanasi.  Ce fut étrange d'y revenir, mais j'y suis allée. Plus personne ne voulait entendre parler de toi dans ta famille. Tu leur avait "fait honte", comme il disait, en "t'amourachant" d'une "gamine" comme moi. Et alors ? Savent-ils seulement ce qu'est l'amour ? Savent-ils qu'il n'obéît a aucune loi fixée par les bien-pensants ? Ce sont des liens si forts, si puissants, que rien ne pourrait les détruire. Il faut mieux vivre peu mais intensément que trop et médiocrement.

Notre amour avait choisi la voie rapide, mais la douleur ne fut pas pour moi. Elle ne fut que pour toi. De ne pas avoir connu cet homme, ton père. Je ne t'en avait jamais parlé avant. Je ne voulais pas que tu t'imagines des choses, que tu le magnifies a partir du peu de photos que j'avais de nous 2.
Passer cette porte, c'est revenir 19 ans en arrière, revoir son regard, je le sens encore sur moi. Je me souviens quand nos yeux se sont croisés. Je n'oublierai jamais. Il était tellement beau.

Parfois les souvenirs du passé prennent le pas sur le présent, et l'on s'égare, se croyant revenus en arrière. Ce retour m'a fait du bien. Ne m'a pas rajeuni, ne m'a pas rendu mon coeur, mais t'as donné un père.

Je t'aime, mon petit ange. Monte au ciel tranquillement, je veille sur toi ... Pour toujours ...


Camomille631 ...

Défi 127 de Leslie

le 15/02/2008 à 18h07
"le passé n'existe pas, seul le souvenir du passé est réel"

Je me réveille, encore une fois.
Tremblante, encore une fois.
Le corps plein de sueur ne répond plus à ma pensée, comme toujours.
On s'y fait, vous savez . On s'y fait, à ces cauchemars, ces images récurrentes, floues mais d'une netteté à en couper le souffle.
Je regarde autour de moi, cette chambre noire que je connais par coeur m'effraie. Cette armoire massive, ces tableaux sur les murs non, ce n'est pas moi !
Je revoie pourtant ces murs si délicatement décorés... Bref, ne pensons plus à ce cauchemar. Mon regard se pose sur mon époux, un sourire attendrit mon visage crispé, ma main s'approche de ses cheveux mais mon corps refuse, ces images, sans cesse, qui reviennent, qui m'affolent, je ne peux le toucher, cet inconnu, il ne sait rien de moi, c'est un étranger qui se tient là dans mon lit ! Ses râles qui se veulent apaisants me donnent envie de le tuer, prendre doucement cet oreiller et lui enfoncer sur la tête jusqu'à ce qu'il ouvre les yeux et comprenne que j'ai repris le contrôle du corps de sa femme. Ho oui, l'étouffer, doucement, l'entendre geindre, voir son misérable regard me supplier. Comme dans mes rêves, oui, comme dans ce cauchemar qui m'a réveillée cette nuit encore. Je ne vois que ça, les yeux en pleurs de cet enfant qui demande à sa maman de ne pas le tuer. Des cris, tiens, c'est étrange, lorsque j'y repense... ils ne sonnent pas français. Peu importe, je les comprends.
Parmi ces images... une femme, face à un miroir, elle me ressemble étrangement. Elle coupe ses longs cheveux bruns, les teint, elle me ressemble de plus en plus. Idiote, c'est toi ! Tu ne te reconnais même pas ! Tu nies l'évidence lorsque je te l'offre en rêve !

Demain.
Demain, je me réveillerai.
J'irai prendre mon café, encore une fois.
Je n'aurai aucun souvenir de cette nuit, encore une fois.
Mon mari passera sa main dans ma courte tignasse, comme toujours.

Demain.
Demain, j'aurai deux ans.
Oui, deux ans.
Je suis ce qu'on appelle une amnésique.




Leslie.

Désolée de poster un peu tôt je serai absente ce week end,
Désolée aussi de ne pas avoir trop suivi le sujet mais je suis partie toute seule dans mes délires schizophrènes ^-^

Défi 127 par Isie

le 14/02/2008 à 18h15
Aujourd’hui.

Je me suis levé, l’air de rien. Un jour nouveau, un monde nouveau, un matin nouveau... Il fait beau. Hier ? Hier c’est le passé, ça n’existe pas. Seul aujourd’hui compte, l’instant présent, le moment. Je me souviens de mes rêves, quelques uns. Un, surtout. J’ai rêvé d’hier, je n’ai pas aimé. Hier n’existe pas, n’existe plus.

Aujourd’hui.

Dans la rue, rien n’a changé. Les jours se succèdent. Et pourtant, les secondes défilent et aucune ne se ressemble. Je ne suis pas deux secondes de suite la même personne. Ma peau vieillit seconde par seconde, instant par instant.
Je voudrais mes photographier, tous, ces instant. Je me souviens d’un rêve, un rêve d’hier. Je n’ai pas aimé. Hier n’existe pas.

Aujourd’hui.

Aujourd’hui, le soleil me réchauffe. Je me souviens de la chaleur d’hier, mais est-ce réellement arrivé ? j’ai rêvé d’hier, il faisait chaud, aussi, dans mon rêve. J’avais peur, parce que j’avais mal. Mal de ne pas exister. Quelle est la différence entre hier et aujourd’hui ? quelle est la différence entre hier et mon rêve ?

Aujourd’hui.

Je me souviens d’hier. J’ai tué un homme. Il me faisait peur, il me parlait de demain. Je l’ai tué avec sa propre arme : une canne. Je me souviens d’hier, et de la chaleur du soleil. L’homme n’existe plus. Il n’existe que dans mon souvenir de lui. Il est mort proprement, sans tache, sans débats inutiles. Il n’existe plus. L’instant passé disparaît, et avec lui les gens qui n’y survivent pas.

Aujourd’hui.

J’ai rêvé d’hier, je n’ai pas aimé. Hier n’existe pas. Ce qui a fait d’hier un instant présent n’existe plus. Ce qui n’existe plus n’a jamais existé.
Est-ce que cet homme était réel ? l’ai-je rêvé ? je ne le saurais jamais. Tout ce qui est hier est perdu. Définitivement. Seul aujourd’hui compte. Il n’en fait pas partie. Si j’arrête de me souvenir d’hier, tout disparaîtra. La seule façon d’avancer est d’admettre que ce qui s’est passé hier n’existe pas. Seul le souvenir d’hier le rend réel.
Si je n’y pense plus, rien ne se sera passé. Aujourd’hui est vierge. Aujourd’hui est tout ce qui compte.

Aujourd’hui.

Je me suis levé l’air de rien. Un jour nouveau, un monde nouveau, un matin nouveau... Il fait b eau. Hier ? Hier c’est le passé, ça n’existe pas. Seul aujourd’hui compte, l’instant présent, le moment. Je me souviens de mes rêves, quelques une. Un, surtout. J’ai rêvé d’hier, je n’ai pas aimé. Hier n’existe pas, n’existe plus.

© isie

Défi 127 - lancement

le 12/02/2008 à 11h33
Je clôture le défi 126 et en profite pour lancer le défi 127.

Je vous propose donc d'écrire à partir de cette phrase :

"le passé n'existe pas, seul le souvenir du passé est réel"

Enjoy =)

On se retrouve donc ce week end
Isie

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