La Tertulia

réponse défi

Défi 136 par Teddy

le 04/11/2008 à 19h29
« « De mille saveurs
Une seule me touche
Lorsque tes lèvres effleurent ma bouche… »
-Alors, tu viens, qu’est-ce que tu fais, là ? 5 minutes que t’es vautrée sur le canapé, les yeux dans le vide !
-Oui, oui, j’arrive.
Machinalement, j’enfile ma veste, je le suis. Ferme la porte d’entrée, descend les escaliers, ouvre la portière, entre dans le véhicule et m’assois,. Entends, au loin, une autre portière claquer….
« De mille saveurs
Une seule me touche
Lorsque tes lèvres effleurent ma bouche… »
Combien de temps depuis ce ressenti….Un dernier baiser langoureux, bestial, de celui qui vous effleure les zones érogènes comme un doigt le long d’une colonne vertébrale… De celui qui vous fait oublier votre provenance, destination, identité même…et qui laisse une empreinte tellement forte que vous chavireriez au moindre souffle de vent. Deux ans ? Dix ans ? Quinze ?
-Tu n’as pas oublié le gâteau, j’espère. Maman raffole du gâteau à l’amande que tu lui prépares…
Eh, tu n’as pas oublié ?
-Hein ? Euh, non, non, je n’ai pas oublié…..
…Mais cela me paraît si loin déjà : lequel de mes amants m’a –t-il fait le plus trembler de vouloir tout, tout de suite, lui nu et m’envelopper de son odeur charnelle et de ses bras sans fin? Lequel, sans même m’effleurer, maîtrisait parfaitement l’art du désir, dans une posture…un mouvement de nuque pour enfin rencontrer mes yeux, regard enflammé, vampirique presque…
« De mille saveurs
Une seule me touche
Lorsque tes lèvres
Effleurent ma bouche… »
Et quand , enfin le contact de ta main sur mon sein, ton souffle le long de mes reins, ta langue visitant mes entrailles, tes caresses n’oubliant une seule parcelle de mon épiderme…Brûlante, je suis et n’en puis plus, …La honte , et la faim provoquée par le déchirement d’une petit culotte…
-C’est toi !
-Quoi, moi ??Tu divagues ?
-Non, c’est toi….Arrête la voiture.
-Hein, mais qu’est-ce que tu racontes ?
-Arrête la voiture, prends ce chemin de traverse, vite, je te dis ! » »
Et même une situation inconfortable, un froid à vous refiler des engelures, une motivation incertaine du partenaire n’aurait pu arrêter ni ne contrôler cette soudaine envie nostalgique. Un moment merveilleux, se clôturant par des milliers d’étincelles dans le regard…
Nous sommes maîtres de notre destin, à nous d’en faire des moments de désir pour l’autre, des instants de plaisir, et des années de souvenirs…

défi par isie

le 03/11/2008 à 16h00

Un matin ensoleillé, comme tant d’autres. Elle s’étire doucement, les rayons de soleil jouant avec ses cheveux emmêlés.

Les pieds nus et en chemise d’homme, elle descend dans la cuisine, se prépare le café. Le chien se frotte contre sa jambe, son homme lui a préparé un jus d’orange frais. Un sourire s’égare sur ses lèvres.
Il fait bon vivre dans sa nouvelle vie. Sa maison, son amoureux, le soleil qui illumine le jardin. La douceur et la tendresse, une vie simple et palpitante qui se découvre jour après jour.

Le courrier est arrivé, il est plus tard qu’elle ne le pensait… Pensive, encore endormie, elle s’en saisit et va le lire sur le canapé du salon.
Une lettre, pour elle. L’écriture à l’encre bleue, comme les écoliers. Pas d’adresse d’expéditeur.
Curieuse, elle décachète l’enveloppe et déplie une liasse de feuille à grands carreaux.
L’écriture la surprend. La signature est inconnue. Un certain Damien… elle a beau chercher, elle ne voit pas.
Elle se lance alors dans la lecture de la lettre, esquissant un bâillement, mais n’ayant rien de mieux à faire de ce début de journée.

Le contenu est étrange. Elle lit des mots sans en comprendre le sens. Cette personne qu’elle ne connaît pas semble la connaître parfaitement. Au fil des lignes se décrit un passé commun, une histoire d’amour d’adolescence, une rupture déchirante à la suite d’un déménagement.
Mais aucun échos ne résonne en elle. Qui est l’auteur de cette lettre ?

Un passage retient particulièrement son attention.
« Te souviens-tu, mon amoureuse, des jeux que l’on inventait ? Nous pouvions passer des heures à se regarder et à tenter de trouver des règles. Ce sont ces jeux qui nous ont fait échanger nos premiers baisers, ces jeux qui nous ont permis de découvrir notre corps, petit à petit.
De ta poitrine à tes fesses, du haut de tes cuisses à la chaleur de ton intimité. Je me souviens que tu m’as tout offert et que j’ai tout pris.
Aujourd’hui, je ne suis plus rien. Il y a bien longtemps que tu as du m’oublier. Mais je t’écris cette lettre comme un testament. Je t’écris cette lettre pour mettre un terme à notre histoire d’amour, qui dure depuis plus de 20 ans maintenant.
Je t’écris cette lettre comme un adieu, car de milles saveurs, une seule me touche, lorsque tes lèvres effleurent ma bouche. Et puisque nos lèvres sont séparées par bien plus que la distance, mais par l’oubli et le temps qui passe, je n’ai plus aucune raison d’être ici, et d’attendre qu’un jour tu te retournes sur moi. Je te quitte alors, définitivement, en un mot et en mille pensées. Je t’aime, je t’aimais, et à jamais, je t’aimerai. »

Le monologue continue ainsi sur plusieurs pages. Régulièrement, elle repose les feuillets et essaye de se souvenir.
Mais le blanc de sa mémoire ne veut s’effacer. Damien… ce prénom ne lui dit rien. Le premier homme de son lit ? Elle s’en souvient parfaitement, c’était un certain Quentin.
Vraiment, ce prénom ne lui dit rien. Mais cette lettre d’adieu, d’une personne inconnue, la touche particulièrement.

Elle remonte dans sa chambre et la range dans la penderie, comme une adolescente, sous les sous vêtements.
Elle sait que son homme ne viendra pas la chercher ici. Elle se doute qu’il ne comprendrait pas et qu’elle aurait du mal à lui expliquer. Elle referme délicatement la porte de la penderie, et retourne finir son thé qui l’attend au salon.

Son homme la trouvera plus pensive que d’habitude, en rentrant dans la soirée. Il se dira sans aucun doute qu’elle devient rêveuse depuis qu’ils ont emménagés ensemble.
Elle seule saura qu’elle cache un secret d’un autre temps, dont elle est devenue dépositaire sans en rien savoir ni comprendre.

Et ses pensées s’égarent au temps où l’amour et la vie étaient simples, où les grandes personnes géraient son monde sans qu’elle n’ait à se préoccuper de quoi que ce soit de sérieux.
Et elle se dit que sa vie d’aujourd’hui, finalement, ne trahit pas trop la petite fille qu’elle a pu être. Et que si un homme qu’elle ne connaît pas a pu l’aimer, et s’inventer une vie avec elle, alors elle peut tout faire dans le réel.

© isie




Défi 136 - mayasuperstar

le 02/11/2008 à 23h00

Le sais-tu ? Il fut un temps où j’écrivais sur du papier, le souvenir est agréable ; je me rappelle du doux contact de la tranche de ma main sur la feuille. Je la distingue encore glissant avec bonheur, je crois même l’avoir un jour entendu échapper quelques soupirs saccadés ou bien c’était peut-être moi. Dès lors, je posais, fronçant les sourcils mon index sous mon nez, le bic savamment suspendus entre mes doigts. Puis j’ordonnais à mes yeux de fouiller un endroit reculé de mon cerveau pour y extraire l’idée essentielle qui me manquait et qui sans doute s’y cachait. Et alors tout venait, dans le désordre certes mais avec exubérance et j’aimais ça. Ecrire avec mes tripes me manque parce qu’aujourd’hui, je mollis et me dérobe. Depuis que j’effleure les touches de mon clavier, je sais que je passe près des histoires, sans les atteindre vraiment. J’ai bien affûté mes yeux, ils savent que mes phrases me ressemblent au fond, elles sont sans saveur puisque créées du bout de la plume. Elles sentent le jauni et la sensation empruntée bien qu’en moi, persistent des images ; celle où je cours très très vite dans les flaques, celle où je crapote derrière les lauriers, sur celle- ci je rigole fort quand il passe devant moi, là j’écris sur les chemises en carton des poèmes insensés, ici je dors dans le bus les genoux retenus par le sac et mon baladeur crache du Cure, plus loin je montre que j’existe et j’inscris partout au blanco son nom, encore plus loin il me vole un baiser à l’ombre des oliviers, toujours plus loin on est à trois sur le chappy de Nono et on balance les bras à l’horizontal comme pour s’envoler…

 



Le perçois-tu que j’administre désormais des baisers rapides du bout des lèvres pour garder mon cœur bien scellé ? Dis, le sens-tu que vivre me manque ?

 



J’ai des envies, l’envie de mordiller le bout de mon stylo, l’envie de dire, l’envie de te dire. Aujourd’hui, ma lettre ne peut être que manuscrite puisque je veux me livrer toute entière. Je sens déjà ma main fébrile, prête à bondir. Comment exprimer mes ressentis ? Tu es unique et pour toi j’aimerai réinventer le langage mais je sais que je pomperai avec complaisance et démesure ce que j’ai entendu ou bien appris parce qu’il est bien coûteux de trouver le mot juste, celui qui épousera parfaitement les contours… J’ai tellement peur en fait de me perdre dans la redite, le creux ou bien le fade, de t’apparaître commune et sans envergure… Peut-être pourrais-je te chanter ce petit air ‘De mille saveurs, une seule me touche, lorsque tes lèvres effleurent ma bouche’  ou simplement te chuchoter à l’oreille un je t’aime comme au temps des premières amours...

 



Défi par Isie

le 29/09/2008 à 12h32
Elle jette un regard indiscret autour de la table.
Ils sont là tous les trois, ils attendent son signal : elle est le maître du jeu.

Rémi et Jérôme sont un peu tendus, il est vrai qu’ils ne se sont pas revus depuis qu’elle a quitté l’un pour emménager avec l’autre.
Les deux anciens amis tentent un rapprochement informel, comme si la situation n’avait rien d’ambigu, comme si ils n’avaient pas partagés la même femme, et n’avaient pas pour l’un souffert comme jamais, et pour l’autre été profondément heureux par sa main.

Arnaud est face à elle, et saisit son regard au vol. Il a toujours été son complice, a toujours tout su d’elle. Même lorsqu’elle l’a quitté avant de rejoindre Rémi, il l’a comprise. Aujourd’hui, il sait que quelque chose d’important est en jeu. Il n’a pas encore conscience de quoi, mais il connaît son Anaïs. Bien sur, ils se sont moins vu depuis les dix dernières années. Mais ils n’ont jamais perdu le contact. Il a vu ses amants de passages lui succéder, les amours aussi. Lui même s’est marié depuis elle, une pâle copie de la femme qu’il aime… Mais quelque part,il a toujours voulu, il a toujours su…

Sa quiétude tranche avec la nervosité des deux autres hommes. Mais il la connaît, son Anaïs, et il n’a pas peur.

C’est une idée qui a germé il y a peu de temps. Alors que sa vie partait en morceau, que le bonheur fuyait ses doigts. Elle sait que le jeu est cruel, elle sait qu’il est injuste aussi. Mais elle a les cartes en main, les pions sont répartis sur le plateau, et rien ne peut maintenant l’arrêter.

Elle va partir. Elle ne sait pas encore avec qui. Les trois seuls hommes de sa vie sont autour de cette table pour jouer. Ils ne savaient pas. Peut-être même n’ont-ils pas encore tous compris.
Arnaud si, Arnaud sait. Peut-être parce qu’il a toujours cru qu’elle reviendrait. Mais à regarder à la dérobée les traits tendus et crispés de ses deux autres amants, elle devine qu’ils ne comprennent pas encore.

Les dés sont dans sa main, et elle sait qu’au moment où elle va les lancer, une partie très spéciale va commencer.

Jérôme n’est plus vraiment l’homme qu’elle a aimé, et pour qui elle a tout quitté. La lassitude laisse des marques, et vivre avec elle peut être usant. Lorsqu’elle a décidé de quitter Rémi pour lui, elle savait qu’elle faisait le bon choix. Maintenant elle n’est plus très sure. Bien sur on ne peut pas effacer des années de vie de couple en un tour de main, en un lancé de dés, mais elle croit au destin, et sait que ce soir, le sien est en jeu. Il ne doit pas comprendre pourquoi ses deux anciens amours sont là, alors qu’il l’a demandé en mariage il y a à peine dix jours…
Alors qu’elle croise son regard, il esquisse un sourire accompagné d’un haussement d’épaule. « Pourquoi ? pourquoi tu nous fait ça ? ». Elle devine la question, et détourne son regard…

Rémi a changé, depuis la dernière fois qu’elle la revu. Il y a bientôt trois ans maintenant. Il fait parti de ses plus grands regrets. Elle ne voulait pas le quitter comme ça, mais elle n’était plus heureuse, et Jérôme était là pour l’écouter jusqu’au moment où il a franchit le pas, où il a trahit son meilleur ami. Rémi n’a plus jamais voulu entendre parler d’eux, de ce jour où il était rentré un peu plus tôt pour trouver le camion de déménagement en bas de chez lui, et Anaïs qui reprenait tout ce qui était à elle de chez eux.
Son regard est toujours un peu fuyant. Elle ne sait pas pourquoi il a accepté de venir ce soir. C’est bien la preuve qu’il l’aime encore, s’il répond présent à la première demande qu’elle lui adresse depuis trois ans… Elle capte des coups d’œil à la dérobée, un sourire crispé, et des mains avides d’être posées sur elle.

Elle hésite encore. Mais elle doit se décider, et elle ne peut pas. Elle sait qu’elle doit changer, elle sait qu’autour de sa table se trouve son passé. Elle doit juste se réconcilier avec lui pour en faire un avenir ou pour tourner la page.


Sous le regard fuyant, surpris ou confiant des trois hommes de sa vie, Anaïs prend la parole :
« Messieurs que la partie commence… »

© isie

Défi 135

le 27/09/2008 à 12h12
   Louis se faisait tirer les cartes. L’homme au visage balafré qui lui faisait face, le fixait d’un air pénétré. J’assistais au spectacle, quelques mètres plus loin, adossée dans la petite alcôve de la pièce. J’étais lucide quant à la mise en scène, souriant parce qu’inconsciemment, je me sentais dans la confidence. J’avais tort.   

   Soudain, alors que Vladimir retournait sa troisième carte, je fus étrangement prise d’un frisson, une sorte de foudroiement qui me gela le sang tout en me brûlant la peau. La sensation, hors d’à propos et incohérente, était indescriptible. Je vis une image, peut-être était-ce un flash, tout  m’annonçait que désormais je savais.

   Mon ami sortit de la boutique et alors qu’il fonçait retrouver des amis, je prétextai une course et lui faussai compagnie. Je retournai sur mes pas, l’expérience de tantôt m’avait bouleversée. Dans la minute, la devanture du vieux magasin de souvenirs s’imposa à moi, un EROS&THANATOS en lettres bâtons d’or surplombait l’entrée, sa graphie m’évoquait les noms de personnages illustres inscrits sur les vieilles roulottes de cirque. J’écarquillai les yeux, non je ne rêvais pas. Etait-ce là plus tôt ? Comment n’avais-je pu ne pas remarquer les inscriptions? Mon manque de prise d’indices me fascinait. Déterminée à ne plus reproduire cette erreur, je m’attardais longuement sur la vitrine fatiguée et poussiéreuse, elle paraissait noyée sous un monticule de livres obscurs et présentait un bois vermoulu. L’envie soudaine et effrayante de la détruire me traversa l’esprit. Et pour la chasser, je poussai la porte, je fus étrangement aidée par une force invisible. Elle grinça un court instant, puis cessa aussi sec pour permettre au carillon d’entamer sa douce mélodie. Je levai les yeux stupéfaite : je n’y avais pas fait attention non plus lors de ma première visite. Lorsque j’aperçus les étoiles argentées dansant dans les fils, j’acceptai de me laisser bercer. Il est étonnant de constater que la musique apaise les esprits. Je traversai alors la pièce d’un pas plus assuré, elle était déserte d’homme, mais surpeuplée de bric-à-brac moyenâgeux. Je repérai d’abord des cages d’oiseaux suspendues  aux poutres, puis deux psychés se faisant face et qui semblaient renfermer toute la pièce, enfin des meubles d’antiquaire entassés. J’hasardai une main sur un secrétaire, j’adore le bois et j’aime sentir sous mes doigts son histoire. Je traduisis instantanément une inscription. L’empreinte des mots gravés se révélait : Amicus Plato, sed magis amica veritas.* Quelle était donc cette force invisible ? La porte puis maintenant le bois… La phrase  latine était-elle le fruit de mon imagination ? La pièce était trop sombre pour que je puisse le vérifier. Je tentai alors un nouvel effleurement, je voulais savoir : Audaces fortuna juvat.** Hé bien, soit, pensai-je s’il fallait de l’audace et du courage pour connaître la vérité, j’en avais à revendre. Je tentai d’oublier ma crainte et me rapprochai, décidée, vers le confessionnal qui siégeait au fond de la pièce. Les rideaux de damas bordeaux décorés étaient tirés, je devinais la table ronde derrière, celle qui avant Louis avait accueilli une décennie d’hommes curieux de divination. Cela allait être mon tour, j’avais hâte.

   « Je savais bien que tu reviendrais », me lança du bout de la pièce une voix caverneuse ! Je sursautais. Vladimir traversa l’alcôve et apparut dans l’embrasure de l’entrée. Le géant slave s’approcha et s’arrêta à quelques mètres de moi pour caresser son imposante moustache rousse. Il me toisait. Il tentait une percée franche dans mon âme, j’en frémis. Je ne pouvais l’en empêcher. Un nouveau frisson semblable à celui qui m’avait ébranlée me saisit alors, me coupant le souffle tout à fait. L’homme me proposa de le suivre, le sourire aux lèvres et j’emboîtai son pas comme aimantée. Il m’effrayait autant qu’il m’intriguait. Il ouvrit alors la porte du fond, celle qu’il venait d’emprunter, nous traversâmes un tunnel d’une dizaine de mètres avant de déboucher dans un petit jardin délicieux au milieu duquel trônait la fameuse roulotte, celle que je soupçonnais d’exister : en effet, je n’échappais pas aux idées véhiculées par la superstition et les croyances, je sentais que Vladimir était un de ces mystérieux bohémiens qui lisait dans les âmes.

   Il me proposa aussitôt de m’asseoir autour d’une table. Elle n’avait rien à voir avec celle de l’intérieur, ce devait être une pièce de grande valeur, elle était toute ciselée et miroitait telle une gemme. Le travail était aussi remarquable qu’obscur, je reconnus des personnages cornus, des signes astrologiques dansants autour d’un pentacle. J’esquissai un mouvement de recul ; il éclata d’un rire tonitruant et dit : « Tu vois, tu n’es pas la seule à aimer le folklore !»

   Il lisait en moi ! Mon sang se glaça. Je le détaillais à nouveau, il était extraordinaire, tant par son incroyable stature que par son regard aiguisé. Il prit alors un ton caressant sensé me rassurer un peu. Je ne savais pas où j’allais peut-être que cette rencontre fortuite allait m’ouvrir les yeux et me permettre d’y voir plus clair en moi. Je devais commencer par comprendre la signification de ces flashs. Je posai les paumes de mes mains sur la table, je levai les yeux et lui demandai déterminée : « Je voudrais cesser de subir mon existence. Dites-moi. Je peux tout entendre. » J’envisageai qu’il sortît de son pardessus la fameuse pochette de cuir que je reconnaîtrai et qu’il dénoua les lanières méticuleusement, avant de battre le jeu et d’entamer le rituel mais…

   L’étonnement puis l’amusement se peignit sur son visage. Il éclata d’un rire tonitruant avant de s’approcher tout près et de me souffler presque à l’oreille : « Tu es téméraire, j’aime ça. Mais tu te trompes d’oracle. » Je tressaillis, assaillie soudain par le doute. C’est alors qu’il emprisonna mes mains et qu’il ficha son regard dans le mien. Il émit quelques sifflements presque inaudibles avant de prononcer quelques mots dans une langue gutturale que je ne connaissais pas. «  Ose te révéler à moi et ignorer cette enveloppe charnelle. Misérable ! Je sais que c’est toi ! » Je protestai, mais j’étais clouée à ma chaise et le mal de bide me tenaillait. Les mains de Vladimir s’enflammèrent alors et brûlèrent les miennes, la terreur fit place à une douleur insupportable. Pendant qu’il proférait un flux de paroles menaçantes et incompréhensible, je tentais vainement d’échapper un hurlement de douleur. Mais aucun son ne franchissait ma gorge, un instant, je compris que c’était la fin et remerciai le ciel de m’épargner enfin. Je regardai son visage déformé par la haine avant de m’évanouir.

  

   Je m’éveillai plus tard, désorientée, la tête posée sur la table. Vladimir ou quelque autre qu’il soit avait disparu. J’étais sauve. Mes mains ensanglantées semblaient être les seuls témoins de cette histoire incroyable. Pourquoi pensai-je soudain que chercher à savoir était plus que de l’audace, c’était de l’orgueil ? Pourquoi pensai-je que les flammes étaient l’instrument de la justice ?

 

mayasuperstar

 

 

*J'aime Platon, mais j'aime mieux la vérité.

**La fortune favorise les audacieux.

 

 

 

 

Réponse défi 134 par Jfred

le 12/07/2008 à 13h43


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C’est ta petite main dans la mienne            



C’est ton regard qui plonge dans le mien



C’est ton âme qui rencontre la mienne



C’est ton être qui se fait mien…



 



Qui peut défaire ce lien qui noue notre amour



Personne ne sera assez fort pour cela



Qui est assez fort pour ce voyage au long cours



Aussi fort pour se hisser bien au-delà



 



Merci à la chance d’avoir mit sur mon chemin



Cette femme qui fut et sera encore et encore



Celle qui a su arrimer son cœur au mien



Ta maman qui t’offrit pour que tu pousses, son corps



 



Ta couleur et la mienne ne font qu’un mélange



Ton sang est le même que celui qui coule en moi



Noir ou blanc , blanc ou noir, tu es mon ange



Métisse au sang mêlé, tu vivras sous mon toit



 



Tu laisseras parler les langues de vipères



Qui derrière ton dos te maudiront



Tu seras le petit être qui m’est nécessaire



Pour que ta mère et moi, plus fort nous nous aimions



 



Laisse-moi prendre ta main, pour que tu t’y sentes en sécurité



Laisse-moi guider tes pas, pour que tu ne te perdes pas



Laisse-moi gifler la haine, et vivre dans notre réalité



Laisse-moi t’aimer, te donner le sens de la vie sans en faire cas.



 



Tu es notre amour multicolore



Pas une ombre au tableau



Juste de baisers,  je te dévore



Et je l’affirme, nous sommes beaux



 



@Jean-Fred le 13.07.08


Réponse au défi 133

le 12/07/2008 à 11h17
Avec toutes mes excuses pour le temps que j'ai mis à voir ta réponse !

.~*~.angelilly.~*~.

.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.~*~.


" « Tiens, tiens !! Il fait beau aujourd’hui, tu ne trouves pas. »
« Bof !! »
« Si tu décollais ton nez de tes livres, pour une fois. Tu ne penses pas qu’il est temps que tu commences à profiter de tes vacances. »
« Je pourrais lire en paix. »
« Si tu le prends comme ça jeune fille. Va on sort et je ne veux pas voir ce regard la. »
Je me demande bien de quel regard elle parlait ce jour la mais je présume que je ne devais pas sauter de joie quand elle a décidé de me trainer dehors de force alors que je n’avais qu’une envie c’était de finir mon livre.

« Ah !! C’est vraiment une belle journée d’été »
« Yep !! »
« Tu pourrais faire un effort. On est au Zoo. »
Décidant, enfin de cesser de nous faire la tête, nous nous sommes promis de profiter de cette journée pour explorer le zoo en entier, et c’est dans cet état d’esprit que nous nous mimes en route. Commençant par les oiseaux, puis allant vers les reptiles et les mammifères. Je l’avoue j’étais au ange. J’ai toujours adoré les animaux depuis toute petites allant jusqu'à faire des élevages d’escargots en hiver et de scarabées en été, au plus grand désespoir de mes parents.

Le traversant de part en part, nous réussîmes à visiter pratiquement tout le zoo avant la fermeture. C’est ainsi, sur un petit nuage, que je me dirigeais vers la sortie quand une sirène retentie. C’était l’alarme du zoo qui indiquait qu’il y’avait un problème. Allongeant le pas, je continuais de me diriger vers la sortie ou ma mère m’attendait quand je vis à quelques pas de la, un immense ours brun se baladant en liberté. Pétrifié de peur, je me figeai sur place, incapable d’esquisser le moindre mouvement. L’ours quant a lui, se dirigeai vers moi, avec lenteur, son regard fixait au miens. Je ne savais pas quoi faire. Je ne pense pas, avoir été en mesure de faire quoi que ce soit à ce moment la. Je m’étais comme coupé du monde. Je n’entendais rien et mon regard demeuré accroché à celui de l’ours qui était a présent a ma hauteur. Il se mit à me renifler, prenant son temps pour m’étudier. Il joua avec les sangles de mon sac, puis se mit à me lécher la main comme un chat. Je venais de finir une barbe à papa et j’avais encore des restes de sucre sur les mains. Prenant, le bâton que je n’avais pas encore jeté, je le lui tendis tremblante. Il le prit, et s’affaissant sur ses pattes arrière ou plutôt s’asseyant, il lécha consciencieusement le bâton. Moi, immobile, tétanisé par la peur je le regardais, ébahis. Je ressentais l’envie de le toucher, de le caresser, de jouer avec lui comme je le faisais avec mon chat. Mais je ne fis rien. Je me contenter de le contempler. Je ne sais pas combien de temps je suis restée à le regarder débarrasser le bâton de tout le sucre avant que le vétérinaire du zoo et un dresseur arrivent pour le ramener.

Quelque jour plus tard, je suis revenue lui rendre visite. Je ne pourrais probablement jamais oublier la couleur de ses yeux, ni l’expression de son regard, comme celle d’un enfant ayant trouvé un trésor. Peut être es pour cela que je fais des études vétérinaires."


--
"With the moonlight to guide you
Feel the joy of being alive
The day that you stop running
Is the day that you arrive

And the night that you got locked in
Was the time to decide
Stop chasing shadows
Just enjoy the ride"

Morcheeba

réponse défi 133

le 20/06/2008 à 13h41

- Il faudrait que je vous dise un truc tout de même. Pensez vous honnêtement que je sois capable de faire ça ? Non mais vous m’avez bien regardé ? Vous avez vu ma taille ? Mon poids ? Et moi je serais capable de transporter un homme de corpulence assez forte ? Je crois que vous vous moquez de moi là. 



-         Des témoins ont fait un portrait robot et c’est vous tout craché !

-         Donc pour vous j’ai le faciès idéal pour ça ?

-         Oui pas de doute, vous êtes le meurtrier

-         C’est fou ça ! Encore si,  il m’avait mangé, j’aurais compris, mais il parait que je suis imbouffable. Alors faudrait savoir, il n’est pas mort d’empoisonnement.

-         Oui mais vu tout ce que vous faites et vu la façon que vous avez d’être, rien ne nous étonne plus.  Je sais pas si vous vous rendez compte, mais un lapin qui parle, ça ne se voit pas tous les jours, alors bon,  qu’il soit en plus un assassin, ça n’aurait rien d’étonnant.

-         Je suis innocent !! je le jure devant une botte de carottes s’il le faut.

-         Ah parce qu’en plus il faudrait qu’on aille au marché en acheter ? Vous dépassez toute commune mesure.  On nage dans le surréalisme.

-         Bah tant qu’à faire, pourquoi pas ? Vous paraissez étonné qu’un lapin puisse parler, alors que pour moi ça n’a rien d’extraordinaire. Je fais ça depuis que je suis né en fait, et croyez le si vous le voulez, mais mes parents faisaient de même.

-         Vos parents étaient également des assassins ?

-         Mais qu’allez vous extrapoler là ? non la seule chose que mes parents auraient pu tuer, ce n’est qu’un chasseur. Il parait qu’il y a un truc qui se dit «  le lapin chasseur », alors peut être oui, qu’ils en auraient été capable oui.

-         Ce matin, un lapin a tué un chasseur, c’est écrit dans tous les journaux..

-         Et bien, si vous vous mettez à croire tout ce qui se dit dans les journaux, je ne suis pas sorti de la casserole moi. Il faudrait peut être que vous ayez votre libre arbitre, et que vous raisonniez par vous-même. L’intelligence n’était pas en option à votre naissance.

-         Mais c’est qu’on se laisserait donner des leçons par un lapin ! C’est tout de même fou, c’est le monde à l’envers !! Non seulement on se coltine l’interrogatoire d’un lapin sur le meurtre d’un homme qui a dû être chasseur dans sa jeunesse, et en plus, ce même lapin nous donne des leçons, voir nous insulte.

-         Moi je donne ce que je peux. Je suis près à vous offrir mes services pour un tas de choses. Je peux être fin limier, remplacer habilement le chien, qu’il soit de traineaux ou de police

-         De traineaux ? Vous ? Mais vous nous prenez vraiment pour des blaireaux.

-         Alors si vous étiez blaireaux, je vous comprendrais peut être un peu mieux, vous seriez plus près de mon espèce.

-         Mais avouez bon sang ! Qu’on en finisse ! C’est vous ! Avouez !

-         Mais avouez quoi ? que j’ai tué cet homme ? Bah écoutez, si cela vous fait plaisir oui, j’avoue, d’accord c’est moi. Il a voulu squatter mon terrier, et comme je ne suis pas trop prêteur dans ce domaine, je l’ai fait passer de vie à trépas. Ceci dit, vous pourriez me dire merci.

-         Merci ? Et pourquoi donc ?

-         Et bien je vous ai débarrassé d’un grand prédateur.

-         Ah bon ? C’était un tueur de flic ?

-         Ah ça j’en sais rien, mais un tueur de lapin oui ! En tout cas potentiel. Vous avez dit tout à l’heure, qu’il aurait pu être chasseur, donc qui dit chasseur, dit chasseur de lapin, donc grand prédateur de nous !!

-         Oui mais nous, nous ne sommes pas de lapins, nous n’avions rien à craindre de lui.

-         Ah parce qu’en plus vous êtes égoïstes ? Et bien merci, et je me fais interroger par des égoïstes de la pire espèce.

-         Mais vraiment, mais vraiment !! Ce n’est pas possible ça !! Que croyez vous que va dire le juge d’instruction, lorsque nous aurons bouclé notre enquête ?

-         Et bien à mon avis, il va dire que vous êtes complètement fous.

-         Et pourquoi donc, s’il vous plait ? hein ? pourquoi donc ?

-         Et bien, pour avoir arrêté un lapin d’abord, ensuite pour faire avaler à un juge d’instruction que c’est une pate de lapin qui a signée la déposition, va falloir lui faire boire beaucoup de votre alcool. Vous savez celui qui est dans le deuxième tiroir du bureau là bas.

-         Mais puisque c’est vous le coupable !!!!

-         Oui peut être, mais allez lui faire comprendre à ce pauvre juge. Un lapin coupable d’un meurtre odieux. Jamais il ne va le croire.

-         Max !! Qu’est ce que je fais avec ce maudit lapin ?

-         Bah fout le à la casserole qu’il arrête de nous narguer comme ça !

-         Ben moi je serais vous, je ferais attention tout de même

-         Ah bon ? Et pourquoi donc ?

-         Je vous ai dit tout à l’heure que j’étais inbouffable, alors c’est à vos risques et périls si, à votre tour, vous disparaissez de la surface de ce monde.

-         Mais qu’est ce qu’on va en faire !! Qu’est ce qu’on va en faire ? Bon dieu de bon dieu !! Max dit quelque chose !!

-         Mais que veux tu que je dise ? J’en sais pas plus que toi moi. Il a raison par certains côtés, on va nous prendre pour deux cinglés. Déferrer un lapin ! faut le faire non ?

-         Mais il nous faut un coupable tout de même !!

-         Oui je sais je sais Phil, mais que veux tu qu’on y fasse, il va falloir qu’on s’en trouve un autre. Parce que là, on l’a ramassé un peu à l’aveugle.

-         Surtout par hasard oui !!

-         Oh ta gueule toi !! parce que déjà qu’on arrive pas à se décider sur ce qu’on va faire de toi….



Drinnnngggg !!!! Drinnnnngggggggg !!!

- Lapin réveille toi, c’est l’heure…

- Hein  quoi ? c’est l’heure ? de quoi ? hein ?

- Et bien d’aller travailler. Tu ne vas pas laisser les voleurs de poule courir aujourd’hui



@Jean Fred  20.06.08

défi 132

le 08/06/2008 à 15h31
Une jeune femme frêle, descend d’un pas mal assuré la rue des heures perdues. Les traits tirés, les cheveux ternes attachés, les vêtements trop sombres, larges et traînants mentionnent à grands cris un état intérieur précaire, une souffrance cuisante tellement profonde et douloureuse que le cerveau, par instinct de survie, l’a reléguée au fond bien au fond avec toutes les sensations. La jeune femme est transparente, presque immatérielle, le résidu de pluie sur les pavées ne reflète rien, elle passe inaperçue au milieu des quelques piétons qui constellent la vieille rue. Les visages l’évitent, trop affairés, ils rient à leur portable, fondent leur regard dans l’être aimé, scrutent leur montre, serrent leur manteau à la gorge pour contrer le froid.

L’héroïne, semblable à certains êtres très malheureux, a une constance ironique qui l’aide à mettre un pied devant l’autre, une sorte d’idée fixe qui lui sert d’instinct de survie. Un petit quelque chose qui l’empêche de sombrer et la fait avancer, tout en avouant de manière grinçante qu’il ne faut pas espérer de rémission. Ce petit rien ténu, elle le serre entre ses poings. Voilà qu’encore grâce à lui, elle gravit la dernière rue avant d’emprunter le chemin qui propose de partir à l’assaut de l’oppidum. Ce n’est pourtant pas ce qu’elle choisit de faire aujourd’hui. Elle entre dans le parc et se laisse tomber sur le banc en bois, celui qui est stratégiquement installé entre la fontaine et la vue imprenable sur le village. Elle caresse sur le dossier, le cœur sculpté qu’elle connaît bien et en devine, causées par le temps qui passe, les moindres interstices. Autour d’elle, vivent trois enfants bouillonnants, endiablés et une maman sereine à moitié plongée dans un bouquin épais. Des rires cristallins qui réveilleraient un mort, une joie débordante et des regards bienveillants qui lui mordent le cœur, elle sait que même s’il est silencieux et affaibli, son palpitant n’est pas mort. Pas encore. Elle se recroqueville soudain pour s’empêcher de s’étioler davantage et embrasse solidement ses genoux, elle inspire un grand coup s’efforçant désespérément d’emmagasiner un peu de vie chez ses gens qui en ont tant.

La voilà désormais, sa condition terrible, être à la frontière de la vie et de la mort et traîner chaque jour sa misérable enveloppe. Son existence ruisselle entre ses doigts, la contraignant de partir en quête d’un plaisir fugace qui lui donnera un énième soupçon de vie. Elle redoute l’après depuis le début. Les bonheurs du quotidien sont une peau de chagrin qui rétrécit de jour en jour, elle se les énumère : plonger ses mains dans le sable et le laisser s’écouler entre ses doigts, laisser son cœur se réchauffer lovée dans les rochers, sentir les embruns caresser les narines assise sur la jetée, marcher les pieds nus dans les coquelicots très tôt le matin, faire un vœu puis souffler les aigrettes des boules d’akènes et les regarder s’envoler, sentir respirer les oliviers en les enlaçant très fort, se laisser bercer par des rires d’enfants…

Elle réalise qu’elle est au bout, la peur l’étreint tout à fait l’espace d’un instant. Le chagrin tant réfréné s’emploie soudain à la balayer. Une larme puis deux s’échappent et roulent le long de sa joue, elle sanglote déjà tout bas. Lorsque les pleurs deviennent plus abondants la mère et les enfants effrayés quittent le parc la laissant en proie à un flot terrible.

Seule sur un banc, les émotions qui la trahissent la traduisent lui rappelant que sous le vernis elle existe.

 

mayasuperstar

 

réponse défi 132

le 07/06/2008 à 14h46

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Si l’ombre se reflète au-delà des murs du temple

C’est que le soleil s’est posé sur ce corps

Dans la pénombre qui tombe, est ce qu’il tremble ?

Ou,  est ce qu’il se repose de tant d’efforts ?

 

Les douleurs antiques qui régissent les âmes meurtries

Finiront par avoir raison de la jeunesse qui s’évapore

C’est plus tard qu’elle s’en rendra compte,  amoindrie

Quand l’ombre aura gagnée sur le terrain de la mort

 

Aujourd’hui, elle rêve au-delà du désir des sens

À celui qui, doucement se posera à ses côtés

Effeuillant les pétales d’une fleur aux pétales de sang

Souriant à la vie qui continue son cheminement zélé

 

Qui la touchera d’une main preste et légère ?

Qui saura la faire frémir d’un geste  précis ?

Elle ne sera à lui que s’il sait être fier

De la prendre toute entière  sur le lit.

 

Après, bien après, elle s’éteindra doucement

Et l’ombre regagnera son corps dénué de force

Pour la couvrir de la légèreté de son voile blanc

Afin qu’elle s’endorme dans les ruines du temple

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